QUAND LES CENTRAFRICAINS DU BM2 LIBÉRÈRENT PARIS EN AOUT 1945

Par PASSEMA ENDJIAGO F. Président du CACDCA

Le 25 août 1945, sur la place de l’Hôtel de ville de Paris, le général de Gaulle prononçait la célèbre formule « Paris outragée, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré… ».

Aujourd’hui, dimanche 25 août 2013, les Parisiens, autour de leur Maire, Bertrand DELANOY et les élus de la capitale, rendent hommage aux libérateurs, aux résistants qui, il y a 69 ans, ont bouté hors de la Ville l’occupant nazi. Parmi les libérateurs de Paris, il y avait des soldats CENTRAFRICAINS qui avaient combattus avec tant de bravoure, or la Centrafrique est depuis outragée, brisée, martyrisée, mais personne ne veut entreprendre quoique ce soit pour qu’elle soit libérée.

Après l’appel du 18 juin 1940, suite à l’invasion de la France par l’Allemagne nazie, le 23 octobre 1940, le général de Gaulle arrive à BANGUI en provenance de DOUALA pour chercher la participation de nos pères à la libération de la France.

Le 1er novembre 1940, le Commandant René de Roux, de la garnison de BANGUI, met sur pied une unité de marche, appelée Bataillon de Marche N° 2 (BM2), destinée à participer aux combats futurs de libération de la France. Des centaines de CENTRAFRICAINS, dont KOUDOUKOU, DOUMBIA, ENDJIAGO, KOUDOUSSARAGNE, ANGBADROU, MOUNIRO….ont ainsi été mobilisé pour cette entreprise. La Bataillon de Marche de l’Oubangui (BM2) était réparti en cinq (5) groupes :

            - un groupe franc commandé par le sergent-chef Conus,

            - la 5e Compagnie avec le capitaine Amiel,

            - la 6e Compagnie avec le lieutenant Hautefeuille

            - la 7e Compagnie avec le lieutenant Ferand

            - la 7e compagnie d’accompagnement avec le capitaine Duché de Bricourt.

Le 25 décembre 1940, les CENTRAFRICAINS quittent BANGUI pour Brazzaville et Pointe Noire d’où ils partirent vers Port-Soudan, via l’Afrique du Sud. Ils n’arriveront  à destination que le 9 avril 1941 après la fin des combats en Erythrée.

Après avoir rejoint d’autres unités de la division Legentilhomme à Qastina en Palestine, les combattants CENTRAFRICAINS prendront part à la campagne de Syrie, où ils se distingueront lors des combats de la route des Djebels (Djebel Galaat Hassane, Djebel Bou Atriz) et de la prise de Damas (21-22 juin 1941). Ils participèrent ensuite au maintien de l’ordre dans la région de Homs (Syrie), à Alep et sur les bords de l’Euphrate.

Après avoir contribué à la reddition de la garnison allemande d’Halfaya, les combattants CENTRAFRICAINS vont participer aux opérations précédant le siège de Bir Hakeim (février-mai 1942). Chargés de la défense du secteur nord-ouest, l’un des plus violemment attaqué par les troupes de l’axe, ils perdront durant de furieux combats près de 40% de leurs effectifs (dont plusieurs centaines de tués).

Revenus à Beyrouth en juillet 1942, les combattants CENTRAFRICAINS sont passés en revue par le général de Gaulle le 12 août. En leur décernant une citation à l’ordre de l’armée le 28 août 1942, de Gaulle évoquera en ces termes le BM2 : « Blancs et Noirs de l’Oubangui, étroitement unis, ont donné dans la campagne 1941-1942, un bel exemple de patriotisme et de valeur militaire ». Le 2ème Bataillon de Marche de l’Oubangui (BM2) sera fait compagnon de la libération le 20 novembre.

Au début de décembre 1942, les combattants CENTRAFRICAINS sont envoyés à MADAGASCAR où ils débarquent à Tamatave à la fin de février 1943.

De retour à BANGUI  le 24 octobre 1943, nos pères, les combattants CENTRAFRICAINS, étaient triomphalement accueillis.

En mars 1944, nos papas combattants repartiront pour la France où ils n’y parviendront qu’au début de 1945 pour prendre position devant la poche allemande de Royan dont ils enlevèrent plusieurs positions à la mi-avril.

Le 18 juin 1945, le BM2 marche en tête des Forces Françaises Libres (FFL), conduites par le général de Larminat sur les champs-Elysées à Paris.

Lundi 26 août 2013 sur la place de l’Hôtel de ville de Paris de vibrants hommages seront rendus à tous ceux qui ont participé à la libération de la capitale ; Nous invitons les Parisiens, les élus et les agents de la Ville de Paris à avoir une pensée pour les descendants de ces CENTRAFRICAINS du Bataillon de Marche de l’Oubangui (BM2) qui se sont battus avec bravoure pour la libération de la France en général et de Paris en particulier.

F. PASSEMA ENDJIAGO - cacdca@hotmail.com

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