Le mal centrafricain n° 9, ou l'arrogance, la part du lion et les brutalités

Combien de temps faut-il, combien de morts faut-il pour que les centrafricains, les gouvernants, les politiques et la communauté internationale prennent conscience du drame qui se joue en Centrafrique ? Les cris des centrafricains indignés devant l'effondrement continuent à s'élever et toujours sans échos. Comme solution ultime, un groupe prépare pour sa part la disparition de la Nation. Avec arrogance et brutalités, il privilégie les mirages en oubliant qu'il est embarqué à bord du même vaisseau; il refuse obstinément de s'attaquer à la racine du mal. Les expressions "unité, dialogue, réconciliation, dignité se sont depuis vidées de leur sens. C'est l'amnésie totale, un état d'esprit bloqué. Et le calvaire du centrafricain continue en attendant l'homme providentiel qui sortira du chapeau du magicien. Mais d'avance, le suffrage lui est refusé. "Comment faire confiance aux politiques après avoir vu tout ça", entend-on partout. Le nihilisme parfaitement esquissé (Le mal centrafricain N°7: le nihilisme et l'infantilisation (24 mai 2002).


. Les évêques centrafricains indignés par les brutalités des hommes armés (24 nov 2002)
. Cris d'un centrafricain indigné devant le l'effondrement de la République Centrafricaine (15 nov 2002) v
. Retour à la case de départ au milieu des ruines et la question de gestion des affaires en Centrafrique (09 nov 2002)
. "Ces malheureux évènements qui sont loin de prendre fin, résultent d'une accumulation des crises à répétition non résolues ou superficiellement résolues" (05 nov 2002)
. Le calvaire des habitants de Bangui Nord ordonné par les hommes de Jean-Pierre Bemba : humiliation, viol, vol, tuerie (témoignages), nov 2002


Cris d'un centrafricain indigné devant le l'effondrement de la République Centrafricaine (15 nov 2002)

Seulement sais-tu combien d'innocents centrafricains décèdent  chaque jour en RCA pour des problèmes de santé (méningite, paludisme, sida etc.) voir même bénin ?
Combien d'innocents décèdent chaque jour suite à l'insécurité grandissante (actes de banditismes dans les grandes villes, sur les axes routiers, terrorisme d'état) ?
Combien d'innocents décèdent chaque jour avec une justice aux ordres ?
Combien d'innocents décèdent chaque jour pour réclamer la liberté ?
Combien d'innocents décèdent chaque jour suite à la malnutrition ?
Combien d'innocents décèdent chaque jour faute de traitements (salaires, soldes) non versés ?
Combien d'innocents décèdent chaque jour lorsque l' économique du pays est sous traitée et que les richesses sont pillées ?
Combien de jeunes innocents (es) décèdent chaque jour parce que la jeunesse n'a plus d'avenir ?
Combien d'innocents décèdent chaque jour parce que la vie du CENTRAFRICAIN ne vaut rien, son opinion ne compte pas et qu'il est même méprisé ?
Combien d'innocents décèdent chaque jour parce que le président est "démocratiquement élu" ?...

Serge Bozanga (Vendredi 15, Novembre 2002)


Les évêques centrafricains indignés par les brutalités des hommes armés

BANGUI, 24 nov (AFP) - 17h45 - Les évêques centrafricains ont exprimé dimanche à Bangui leur indignation face aux "terribles brutalités" des hommes armés, dont dénoncent "l'insoutenable sauvagerie" envers les femmes, dans une déclaration publique.

"Souillées dans leur dignité de porteuses de vie, nos mères, nos soeurs et nos filles n'ont pas été épargnées par l'insoutenable sauvagerie des militaires", déplorent les évêques centrafricains.

"L'Eglise mêle ses pleurs et ses larmes aux vôtres et crie son indignation face aux terribles brutalités que nous font endurer les hommes armés", poursuit la déclaration.

Selon les prélats centrafricains, le pays "mettra beaucoup de temps pour se relever de cette grande humiliation que viennent de nous infliger des bandes armées venues d'ailleurs".

Cette dernière mention semble faire référence aux rebelles du Mouvement de libération du Congo (MLC), venus soutenir le régime lors de la tentative de coup d'Etat du 25 octobre, et accusés de viols et d'exactions dans la capitale centrafricaine.

"L'Eglise a toujours condamné et condamne avec la dernière rigueur toutes ces aventures guerrières qui visent à installer un homme au pouvoir car les institutions démocratiques doivent être respectées", poursuit le texte, en référence au dernier coup de force de l'ancien chef d'état-major des armées, François Bozizé.

Les évêques centrafricains appellent par ailleurs "le FMI (Fonds monétaire international) et la Banque mondiale (BM) a examiner le cas de la RCA avec beaucoup de sollicitude", compte tenu de la paupérisation de la population.

Ils constatent néanmoins que "la répartition inégale des richesses qui ne profitent qu'à une minorité est en partie à l'origine des tensions sociales" en République centrafricaine (RCA).

Lors de leur réunion plénière en janvier, les mêmes évêques avaient estimé que "chaque jour qui passe rapproche lentement mais sûrement la RCA de l'implosion certaine", et que "depuis les mutineries (de 1996-97) jusqu'aux derniers coups de force, tout le pays est comme pris en otage".


Actualité Centrafrique de sangonet - Dossier 12