Le président centrafricain demande une aide militaire de la France

BANGUI, 5 fév (AFP) - 11h20 - Le président centrafricain, Ange-Félix Patassé, a réclamé "l'envoi de soldats français" en Centrafrique pour permettre la préparation du dialogue national et garantir la paix, dans un entretien à Radio France Internationale, captée mercredi à Bangui.

"Nous souhaitons l'envoi de soldats (français) qui nous permettent de préparer le dialogue dans la sérénité", a déclaré le président Patassé, confronté depuis novembre à une rébellion qui occupe toute une partie du territoire centrafricain.

Le président Patassé a proposé fin novembre la tenue d'un dialogue national, regroupant toutes les composantes politiques et militaires centrafricaines pour tenter de mettre fin aux crises militaires à répétition dans ce pays, qui pourrait se tenir en mars.

"La majorité demande de faire le dialogue national à Bangui. Le dialogue national se fera à Bangui", a-t-il affirmé, alors que ses opposants en exil réclament qu'il se tienne en pays neutre.

"Il y a des soldats français en Côte d'Ivoire. Pourquoi pas en RCA? C'est une discrimination. Nous aussi (...), nous le demandons. Je demande à la France de nous envoyer des soldats", a ajouté le président Patassé.

Le chef de l'Etat a souligné que "le peuple centrafricain agressé n'a pas les moyens de défendre tout son territoire. C'est normal qu'elle (la France) vienne au secours d'un pays agressé", a-t-il estimé.

Selon M. Patassé, "un petit contingent français qui appuierait éventuellement la Cémac", constituerait "une garantie pour que la paix soit sauvegardée dans cette partie" de l'Afrique centrale.

Environ 350 militaires de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (Cémac) se sont déployés depuis décembre à Bangui, remplaçant un contingent militaire libyen qui assurait la sécurité du régime du président Patassé depuis une tentative de coup d'Etat en mai 2001.

L'armée française a quitté définitivement la Centrafrique en 1998, après les trois mutineries militaires de 1996-97, dans le cadre de la restructuration de ses forces en Afrique francophone, passant le relais à deux forces multinationales successives, la Misab et la Minurca.

Elle y était présente depuis 1979, date de l'"Opération barracuda" qui avait renversé l'ex-Empereur Jean-Bedel Bokassa.

"Il faut "privilégier la sécurité à la frontière (tchado-centrafricaine: ndlr), condition sine qua non pour rétablir la circulation entre nos deux pays candamnés à vivre ensemble", a par ailleurs indiqué M. Patassé.

Le président centrafricain a qualifié les rebelles de son ancien chef d'état-major François Bozizé de "marionnettes", affirmant qu'il s'agit de "Tchadiens à 80%".

Concernant le départ de RCA de ses alliés du Mouvement de libération du Congo (MLC), annoncé à partir du 15 février par le chef rebelle congolais Jean-Pierre Bemba, M. Patassé à déclaré: "aujourd'hui, les conditions sont en train d'être revues car les Tchadiens sont en train d'attaquer nos villes. La population demande que les Congolais restent".


Nouvelles arrivées à Bangui de miliciens congolais et rwandais

BANGUI, 5 fév (AFP) - 10h32 - De nouveaux contingents de miliciens congolais et rwandais sont arrivés lundi et mardi à l'aéroport de Bangui d'où ils ont pris la direction du nord de la Centrafrique, a-t-on appris mercredi de sources indépendantes et concordantes dans la capitale centrafricaine.

"Des Antonov ont effectué au moins deux rotations lundi et mardi", déposant à chacune de ces (quatre) rotations "70 à 80 Congolais ainsi que des Rwandais" (NDLR: au total, 280 à 320), a indiqué un témoin.

Ces combattants, hommes et femmes, dont l'âge variait, a-t-on estimé, de 14 à 18 ans, "portaient des tenues deux fois trop grandes pour eux". "Sans paquetage, ils sortaient de l'avion en chantant, leur arme à l'épaule", a-t-on précisé de même source.

D'autres témoins ont affirmé avoir vu ensuite à Bossemptélé (nord) ces miliciens, appartenant essentiellement au Mouvement de Libération de Congo (MLC), venus à la rescousse du président Ange-Félix Patassé depuis la tentative de coup d'Etat du 25 octobre.

Cette localité est située sur l'axe menant de Bangui au Cameroun et passant par Bouar, deuxième garnison militaire du pays. Face à la rébellion, la principale ligne de défense des forces loyalistes est actuellement la préservation de la circulation sur la route reliant Bangui au port camerounais de Douala, vital pour l'approvisionnement de la capitale.


Le jugement de l'opposant Joseph Bendounga en délibéré au 12 février

BANGUI, 5 fév (AFP) - 18h58 - Le Tribunal de grande instance de Bangui a mis en délibéré au 12 février son jugement dans le procès de l'opposant Joseph Bendounga, poursuivi pour "outrage à magistrat et destruction de biens de l'Etat", a constaté mercredi un journaliste de l'AFP.

Le ministère public n'a requis aucune peine d'emprisonnement contre M. Bendounga, se contentant de réclamer que l'ancien maire de Bangui rembourse les dégâts qu'il a occasionnés à l'aéroport de Bangui, le 23 janvier.

L'opposant avait invectivé des policiers de l'aéroport de Bangui et brisé des vitres dans le hall d'embarquement, après s'être vu notifier verbalement une interdiction de quitter le territoire, alors qu'il s'apprêtait à prendre un vol pour Douala (Cameroun).

Le tribunal a estimé à l'audience de mercredi que le délit d'outrage à magistrat n'était pas constitué.

Il a modifié le chef de "destruction de biens appartenant à l'Etat", en "biens appartenant à autrui", et indiqué qu'il serait tenu compte dans le jugement des services rendus à la nation par le prévenu.

Lors de son interrogatoire, M. Bendounga a dénoncé "un procès politique qui vise à entraver la liberté du bon citoyen que je suis et des dirigeants des partis politiques".

Il a reconnu avoir donné des coups et fait voler en éclats des vitres de l'aéroport qui lui avaient été fermées au nez alors qu'il voulait connaître les raisons pour lesquelles on lui interdisait de prendre l'avion.

La défense de l'opposant a plaidé l'acquittement, estimant qu'il devait bénéficier d'une "excuse de provocation"


L'opposant Joseph Bendounga remis en liberté provisoire

BANGUI, 3 fév (AFP) - 13h17 - L'opposant centrafricain Joseph Bendounga, inculpé et écroué jeudi dernier pour "outrage à magistrat et destruction de biens de l'Etat", a été remis lundi en liberté provisoire par le tribunal de Bangui, a constaté un journaliste de l'AFP.

Son procès, prévu lundi, a été renvoyé à mercredi par le tribunal, à la demande du prévenu qui souhaitait un délai supplémentaire pour prendre connaissance du dossier et préparer sa défense.

Le ministère public avait requis le maintien en détention de l'opposant.

Président du Mouvement démocratique pour la renaissance et l'évolution de la Centrafrique (MDREC), M. Bendounga est poursuivi pour s'en être pris avec virulence, le 23 janvier, à des policiers de l'aéroport de Bangui qui lui avaient notifié verbalement une interdiction de quitter le territoire national, alors qu'il s'apprêtait à prendre un avion pour Douala (Cameroun).

Enervé par cette interdiction non motivée, cet ancien maire de Bangui avait brisé d'un coup de pied une vitre du hall des formalités de l'aéroport et vociféré pendant plusieurs heures contre les autorités avant d'être arrêté.

Selon une source judiciaire, il s'en était ensuite pris verbalement au magistrat qui l'avait inculpé et placé en détention provisoire.


Actualité Centrafrique de sangonet - Dossier 12