La localité centrafricaine de Bozoum reprise par la rébellion (Min Défense)

BANGUI, 5 fév (AFP) - 10h58 - La ville de Bozoum, dans l'Ouham Pendé (nord-ouest) est à nouveau aux mains de la rébellion depuis deux semaines, a déclaré mercredi à l'AFP le ministre centrafricain de la Défense, Maurice Régonessa.

"Bozoum a été repris par les rebelles il y a deux semaines", le 17 janvier, a précisé M. Régonessa.

Les rebelles, a-t-il ajouté, ont également fait une incursion sans suite ces jours derniers dans Bossentélé, une localité située au sud-est de Bouar, sur l'axe stratégique reliant Bangui au Cameroun.

"Deux véhicules (rebelles) sont venus (à Bossemptélé). En repartant, ils ont fait un accident et sont allés se faire soigner chez les religieuses. Puis ils sont repartis", a indiqué le ministre.

Bozoum avait été brièvement occupée fin décembre par les rebelles de l'ancien chef d'état-major François Bozizé.

Ces derniers en avaient été chassés rapidement par les forces loyalistes centrafricaines emmenées par les rebelles du Mouvement de Libération du Congo (MLC), présents en RCA depuis que le président Ange-Félix Patassé leur a fait appel lors de la tentative de coup d'Etat du 25 octore dernier.

Lors de la reprise de Bozoum par les loyalistes, l'ex-capitaine français de gendarmerie, Paul Barril, qui dirige des sociétés privées de sécurité dans plusieurs pays, dont l'une au service du pouvoir centrafricain, avait été légèrement blessé, avait-on appris de source indépendante.

La reprise de Bozoum par les hommes de Bozizé représente une victoire significative pour les rebelles, a-t-on commenté de source indépendante, en ce sens qu'il s'agit de la première ville sérieusement défendue dont ils parviennent à s'emparer.

De plus, Bozoum est considérée comme située dans le fief du président Ange-Félix Patassé. Avant de renoncer à son mandat de député, celui-ci était l'élu de la localité de Bocaranga (Ouham Pendé), non loin de la frontière camerounaise.

Le contrôle de cette commune a été pris par les rebelles le 15 janvier dernier, a-t-on indiqué de source indépendante. "Cette prise est un affront pour le président", a-t-on commenté de même source.

Interrogé à ce sujet, M. Régonessa a déclaré: "il n'y a jamais eu personne là-bas (à Bocaranga), ni eux, ni nous".

Même en temps de paix, les forces de sécurité centrafricaines, évaluées à 4.000 hommes, ne disposent pas des moyens de contrôler les régions frontalières de ce vaste pays de 620.000 km2.

Le ministre de la Défense a affirmé que "le contexte (militaire) change chaque jour". Il est "faux, a-t-il assuré, que le président Patassé prépare l'option militaire" en sous-main alors qu'officiellement doit être lancé dans quelques semaines un dialogue national, censé mettre un terme aux crises récurrentes que connaît le pays depuis plusieurs annéés.


Actualité Centrafrique de sangonet - Dossier 14