Déby à Bangui: pas de guerre, la paix doit régner entre RCA et Tchad


Bangui et N'Djamena vers "l'apaisement" et "la normalisation"

BANGUI, 16 fév (AFP) - 11h24 - Le Tchad et la Centrafrique ont estimé que la visite effectuée samedi à Bangui par le chef d'Etat tchadien Idriss Déby marquait le début de "la normalisation entre les deux pays", selon un communiqué commun lu dimanche à la radio nationale centrafricaine.

Le président tchadien et son homologue centrafricain Ange-Félix Patassé "estiment" que "la visite à Bangui du président Idriss Déby, est "un point de départ de la normalisation entre les deux pays" et ont décidé la tenue dans de "brefs délais de la grande commission mixte centrafricano-tchadienne".

"La visite du président Idriss Déby, chaleureusement saluée par le président Ange-Félix Patassé, a pour objet l'apaisement des tensions entre les deux pays, la normalisation et la redynamisation de la coopération entre les deux pays", souligne le communiqué lu par le ministre centrafricain des Affaires étrangères Martial Béti-Marace.

"Les deux chefs d'Etat, poursuit le communiqué, s'engagent à tout mettre en oeuvre pour atteindre ces objectifs".

"Le président tchadien a invité son homologue centrafricain à effectuer une visite au Tchad à une date à convenir par voie diplomatique", conclut le communiqué.

Le président tchadien est rentré samedi en début de soirée à N'Djamena à l'issue d'une visite "de travail et d'amitié" de quelques heures à Bangui, reportée depuis plusieurs mois en raison du climat de tension entre les deux pays.


Déby s'engage à appuyer les efforts de Patassé pour ramener la paix en RCA

BANGUI, 15 fév (AFP) - 19h08 - Le président tchadien Idriss Déby a achevé samedi soir une visite "d'amitié et de travail" de quelques heures à Bangui au cours de laquelle il s'est engagé à appuyer les efforts de son homologue centrafricain Ange-Félix Patassé pour ramener la paix en RCA, a-t-on appris de source proche de la présidence centrafricaine.

Lors d'un tête à tête avec le président Patassé, M. Déby s'est engagé "à appuyer tous les efforts du président Patassé et des institutions républicaines centrafricaines à ramener la paix en RCA par le dialogue", a-t-on souligné de même source.

Le chef d'Etat tchadien a également demandé à son homologue centrafricain "de renoncer à l'option militaire, mais d'aller au dialogue, seule voie capable de trouver une solution durable à la crise centrafricaine", a-t-on précisé.

Lors de ce long tête à tête, les deux chefs d'Etat ont insisté sur la tenue "dans un délai très bref" de la grande commission mixte tchado-centrafricaine "sur les questions de sécurité" à la frontière entre les deux pays.

Des milliers de Banguissois se sont rendus à l'aéroport de Bangui, ou se sont massés le long des avenues empruntées par le cortège, tant à l'arrivée qu'au départ, pour ovationner le président Déby.

Le chef de l'Etat tchadien a, à certains moments de son parcours, baissé la vitre de sa voiture, saluant la foule ou montrant ses deux mains jointes en signe de soutien à la population.


Il n'y aura pas de guerre entre la RCA et le Tchad, selon Idriss Déby

BANGUI, 15 fév (AFP) - 15h32 - Le président tchadien Idriss Déby a affirmé samedi à Bangui, à l'issue d'un premier entretien avec son homologue centrafricain Ange-Félix Patassé, qu'il n'"y aura pas une guerre entre la RCA et le Tchad".

"Il n'y a pas, et il n'y aura pas une guerre entre la RCA et le Tchad", a affirmé le président Déby, quelques heures après son arrivée à Bangui pour une visite "d'amitié et de travail" reportée à plusieurs reprises.

"Nous sommes les deux pays les plus pauvres de la sous-région", a-t-il dit. "Si nous avons des efforts à faire, c'est lutter contre la pauvreté. Je n'ai jamais opté pour une quelconque déstabilisation de la République centrafricaine, moins encore du régime de mon frère Ange-Félix Patassé", a assuré le chef d'Etat tchadien devant une assemblée composée notamment des ministres des Affaires étrangères de la Cemac (Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale) et du corps diplomatique.

Depuis plus d'un an, Bangui accuse N'Djamena de chercher à déstabiliser le régime du président Patassé et d'être derrière la rébellion menée depuis novembre par l'ancien chef d'état-major des forces armées centrafricaines François Bozizé.

Dans son allocution, le président centrafricain s'est exclamé: "cher frère, c'est du fond du coeur que je vous embrasse dans cette circonstance pleine d'émotion".

"J'émets le voeu que la commission mixte RCA-Tchad, soit réactivée dans le but de remettre nos deux pays sur les rails du développement économique de nos deux peuples, par le dialogue et la concertation", a également déclaré le président Patassé.

Les deux chefs d'Etat, qui doivent avoir un deuxième entretien en cours d'après-midi, ont décidé la réactivation "dans un bref délai" de la commission mixte RCA-Tchad pour aplanir les difficultés entre les deux pays.


Rébellion en RCA: le président Déby dément la présence de soldats tchadiens

BANGUI, 15 fév (AFP) - 13h51 - Le chef de l'Etat tchadien Idriss Déby, en visite de "travail et d'amitié" à Bangui en Centrafrique, a démenti samedi la présence de militaires tchadiens parmi les rebelles centrafricains et annoncé qu'une commission mixte se réunirait prochainement pour régler les problèmes entre les deux pays.

Interrogé lors d'un point presse sur la présence de soldats tchadiens parmi les rebelles du général François Bozizé, le président tchadien a affirmé: "Montrez-moi un seul soldat tchadien (...) Vous avez au moins 5O.OOO Tchadiens qui vivent dans ce pays, qui parlent couramment le sango (NDLR: la langue nationale en RCA)".

Ils sont "utilisés par Bozizé, ils sont utilisés par (Abdoulaye) Miskine", un ex-rebelle tchadien ayant le grade de colonel dans l'armée centrafricaine et combattant la rébellion centrafricaine avant d'être éloigné au Togo en novembre dernier à la demande du Tchad, a-t-il ajouté.

"Et j'ai dit un jour à mon frère (Ange-Félix Patassé), faites très attention au recrutement de ces gens. Qu'est-ce qu'ils vont devenir demain?", a ajouté le président Deby.

Interrogé sur le soutien qu'aurait apporté le Tchad à la rébellion de Bozizé, le président Déby a déclaré: "depuis 1996, il y a eu combien de mutineries et combien de coup d'Etat ici?", en RCA.

Il a rappelé à ce propos que des soldats tchadiens étaient à l'époque venus en Centrafrique "restaurer la paix (...) Pour restaurer la quiétude en RCA, nous avons fait entrer nos soldats, ici, à Bangui, pour la défense des institutions républicaines".

"Ne me dites pas (...) que le Tchad soutiendrait une rébellion quelconque", a-t-il insisté,

Par ailleurs, a poursuivi le président Déby, "j'estime que la commission mixte qui va se tenir très bientôt à Bangui pourra régler tous ces problèmes (...) J'ose croire qu'elle va parler de tous ces problèmes, y compris l'ouverture et le contrôle de nos frontières", a-t-il dit.

"Il y a beaucoup de choses à voir. Il y a ces problèmes de biens emportés (au Tchad à la suite de pillages dans le nord de la RCA), et il y a un certain nombre de Tchadiens qui ont des problèmes à l'intérieur de la RCA", a-t-il souligné.

"Je voudrais transmettre au peuple centrafricain le salut du peuple tchadien (....) Le Tchad et la RCA sont deux pays voisins qui partagent beaucoup de choses en commun, qui ont des liens historiques, des liens du sang (...) Ce sont deux populations condamnées à vivre ensemble (....), appelées à s'entendre, à se partager, et à s'aimer", a-t-il poursuivi.

"Nous sommes deux pays enclavés, pauvres aussi, et notre destin, le destin de ces deux pays, est un destin commun", a-t-il ajouté.


Arrivée à Bangui du président Idriss Déby

BANGUI, 15 fév (AFP) - 13h07 - Le chef de l'Etat tchadien Idriss Déby est arrivé samedi matin à Bangui pour une visite de quelques heures, qualifiée de visite "d'amitié et de travail", a constaté un journaliste de l'AFP.

A la tête d'une forte délégation, le président tchadien a été accueilli à son arrivée par son homologue centrafricain Ange-Félix Patassé ainsi que par de nombreuses personnalités et une forte représentation de la colonie tchadienne.

Peu avant l'arrivée du chef de l'Etat tchadien, les ministres des Affaires étrangères du Congo-Brazzaville, du Gabon et de Guinée-Equatoriale sont arrivés à Bangui en provenance de Brazzaville où s'est tenu vendredi soir un sommet de la Cemac (Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale), consacré à la Centrafrique et à ses difficiles relations avec son voisin tchadien.


Actualité Centrafrique de sangonet - Dossier 14