Mongoumba et le retour au calme dans le sud-ouest de la République Centrafricaine après des affrontements entre les troupes du gouvernemen et le MLC

BANGUI, 7 mars 2003, Nations Unies (IRIN) - Le calme est revenu jeudi au sud de la République centrafricaine (RCA), dans la ville de Mongoumba et les villages environnants, après cinq jours d'affrontements entre les troupes du gouvernement et leurs alliés du Mouvement de libération du Congo (MLC) de la République démocratique du Congo (RDC).

« Il y a eu un malentendu, mais tout est réglé depuis hier [vendredi], » a indiqué à IRIN Jacquesson Mazette, ministre centrafricain de l'intérieur.

Des témoins ont indiqué que les tensions ont commencé dimanche lorsque les troupes du gouvernement de Mongoumba, à 189 km au sud de la capitale, Bangui, ont arrêté deux bateaux à bord desquels se trouvaient des miliciens du MLC qui quittaient la RCA avec les biens qu'ils avaient pillés. Les troupes ont saisi les bateaux, puis ont désarmé et arrêté les passagers.

Après avoir été relâchés, les miliciens ont traversé le fleuve Oubangui pour gagner la RDC et sont revenus mercredi avec des renforts. Ils ont ensuite pillé les maisons des 10 000 habitants de la ville ainsi que la Mission catholique.

« Dix mille personnes ont fui dans la brousse et jusqu'à Betou, » a indiqué vendredi à IRIN Alphonse Kossi, prêtre et secrétaire général national de l'institution de secours catholique, Caritas.

Betou est situé à la frontière de la République du Congo avec la RCA, sur la rive droite du fleuve Oubangui. Le MLC et les troupes du gouvernement ont échangé des coups de feu. Une station parrainée par l'ONU, Radio Ndeke Luka a fait état, de « source cléricale », d'importants tirs de mortier dans la ville, en provenance de la rive congolaise du fleuve. On ignore, pour l'heure, le bilan des victimes.

M. Kossi a précisé que les combattants du MLC ont quitté Mongoumba jeudi.

Face à cette crise, Caritas réfléchit déjà aux meilleurs moyens d'aider les personnes déplacées de Mongouba.

Jusqu'à présent, Mongoumba avait été épargnée par les combats qui ont touché une grande partie du pays. Les affrontements de cette semaine se sont produits alors que le MLC poursuivait son retrait de la RCA après avoir aidé les troupes du gouvernement à repousser les rebelles fidèles à l'ancien chef de l'état-major militaire en RCA, François Bozizé.

Parallèlement, le gouvernement a démenti les informations selon lesquelles son armée aurait perdu le contrôle de Bossangoa et de Bozoum, des villes situées respectivement à 305 km et 284 km au nord-ouest de Bangui. Les combattants du MLC, le long d'une route située à 12 km du centre de Bangui, ont vu arriver les troupes de Bossentele, à 295 km au nord-ouest de Bangui, mais ont pensé qu'elles se retiraient de Bossangoa.

« Je vous assure que ni Bossangoa ni Bozoum ne sont entre les mains des rebelles, » a déclaré M. Mazette.


CENTRAL AFRICAN REPUBLIC: Calm returns to southwest after MLC, army standoff

  

© irinnews

BANGUI, 7 Mar 2003 Nations Unies (IRIN) - Calm returned on Thursday to the southern Central African Republic (CAR) town of Mongoumba and nearby villages, after a five-day standoff between government troops and their Mouvement de liberation du Congo (MLC) allies from the Democratic Republic of the Congo (DRC).

"There was a misunderstanding, but everything was settled yesterday," Jacquesson Mazette, the CAR minister of state for the interior, told IRIN on Friday.

Witnesses said the standoff began on Sunday when government troops in Mongoumba, 189 km south of the capital, Bangui, stopped two river boats carrying MLC militiamen withdrawing from the CAR with goods they had looted. The troops seized the boats, then disarmed and arrested the passengers.

After subsequently being released, the militiamen crossed the River Oubangui for the DRC, only to return on Wednesday with reinforcements. They then looted the homes of the town's 10,000 residents and its Roman Catholic Mission.

"Ten thousand people have run away into the bush and to Betou," Alphonse Kossi, a priest and the national executive secretary-general of Catholic relief agency, Caritas, told IRIN on Friday.

Betou is south of the Republic of Congo's border with the CAR, on the right bank of the Oubangui.
The MLC and government troops exchanged fire during the episode, and UN-sponsored Radio Ndeke Luka quoted "clerical sources" as saying there was heavy mortar shelling of the town from the DRC side of the river. No casualty figures, if any, are known so far.
Kossi said the MLC fighters had finally left Mongoumba on Thursday, and Caritas was considering how best to help the displaced people of Mongouba.

Up until now, Mongoumba had been free of the fighting that has engulfed parts of the country. This week's standoff occurred as the MLC continued its pull-out from the CAR after helping government troops push back rebels loyal to the former army chief of staff, Francois Bozize.

Meanwhile, the government has denied reports that its army had lost control of Bossangoa and Bozoum, towns respectively about 305 km and 284 km northwest of Bangui. MLC fighters, along a road at a point 12 km from the centre of Bangui, had seen troops coming from Bossentele, 295 km northwest of Bangui, but thought they were retreating from Bossangoa.

"I assure you that neither Bossangoa nor Bozoum are in rebel hands," Mazette said.


Les pseudo-accrochages de Mongoumba : une partition en deux temps

Que le fleuve Oubangui connaisse un trafic intense ces jours-ci n’a rien d’étonnant. En plus du trafic commercial habituel, il convient d’ajouter les va-et-vient des soldats du Mouvement de libération du Congo (MLC) venus en renfort de nos troupes en guerre contre les rebelles de Bozizé.

En cette journée fatidique du 3 mars 2003, une baleinière pas comme les autres accoste, probablement contre son gré, sur les rives de l’Oubangui, côté Mongoumba, une sous-préfecture située à peine à 100 km en aval de Bangui. Sept passagers dont une femme étaient à bord. Mais aussi une cargaison composée de meubles et autres équipements dont la seule idée d’utilisation fait baver de jalousie.

Acte 1 :

Les sept passagers (des soldats en fin de mission) qui se croyaient en terre amie allaient vite déchanter. Ils sont désarmés, à leur grande surprise. Pis, ordre était donné de les mettre au cachot ! Acte posé à dessein par un élément zélé ou simple bavure navale (les FACA, à Mongoumba sont représentés par la force navale), toujours est-il que la plaisanterie, à supposer qu’il en soit une, a été mal prise. Lorsque l’ordre arrive de Bangui pour corriger l’ "incident", c’était trop tard. Nos amis, même libérés, étaient inconsolables. Et courroucés : ils constatent, avec amertume, que leur embarcation a fait l’objet d’une modification radicale. Elle est vidée de son contenu. Ici, la plaisanterie est décidément de mauvais goût. Les sept passagers quittent la terre (les eaux) centrafricaine avec promesse de ramener des renforts vengeurs. Dès lors, Mongoumba en a pour son sommeil. Toute une nuit de tirs de sommation…

Acte 2 :

Promesse tenue. La troupe visiteuse ne veut rien d’autre que la cargaison perdue. Ou l’équivalent. Ou plus. La méthode la plus sûre : ratisser. Aller de case en case offrait quelque garantie de retrouver le précieux butin perdu. Plutôt volé. Ce que nos amis ignorent –parce que l’histoire ne l’a pas conté- est qu’ une bonne partie de la cargaison a pris la route de Bangui. Sauf une paire de bottes chaussées par un jeune du bled. La hargne de la vengeance s’est déversée sur lui. Il vient de faire les frais de la faute des autres. Comme le reste des populations de Mongoumba qui ont payé les pots cassés par les autres. Ceux-là qui ont intérêt à ce que la guerre continue pour la simple raison qu’ils y trouvent leurs comptes. Dommage que ce soit toujours les pauvres innocents qui paient pour leur imprudence et leurs provocations.

La Rédaction

Source : Forum de l'Unité N° du 10 mars 2003


Actualité Centrafrique de sangonet - Dossier 14