Sommet Cémac: examen de passage pour le régime Bozizé

LIBREVILLE, 2 juin 2003 (AFP) - 15h49 - Le président centrafricain autoproclamé, François Bozizé, passe mardi à Libreville un test pour la reconnaissance de son régime issu des armes, lors d'un sommet des chefs d'Etats de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (Cémac).

Le général Bozizé, qui a renversé le président élu Ange-Félix Patassé le 15 mars, va justifier devant ses pairs sa prise de pouvoir et présenter une ébauche de "feuille de route" en vue de la réconciliation nationale et du retour à la démocratie en Centrafrique, selon son entourage.

La Cémac regroupe, outre la RCA, le Gabon, le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Tchad et le Congo-Brazzaville, qui en assure la présidence tournante.

M. Bozizé, arrivé lundi dans la capitale gabonaise accompagné de son ministre des Affaires étrangères, Karim Meckassoua, avait annoncé vendredi à Bangui "le retour à un ordre constitutionnel en janvier 2005".

Cette échéance "correspond à l'investiture du futur président élu", a précisé lundi à Bangui un membre de son entourage joint par l'AFP depuis Libreville.

François Bozizé, en fixant vendredi pour la première fois une date à la fin de sa transition, avait souligné: "la situation, à tout point de vue exceptionnelle, que vit la Centrafrique, ne saurait perdurer. Le peuple centrafricain doit aller aux urnes, notamment pour élire son président, ses députés, ses maires. La démocratie doit retrouver son cours normal".

Le nouvel homme fort de Bangui doit maintenant convaincre ses pairs d'Afrique centrale du sérieux de ces engagements.

Le succès de cet examen de passage sous-régional conditionnera en partie la reconnaissance, loin d'être encore acquise, de son régime par l'ensemble de la communauté internationale, et partant, des bailleurs de fonds.

L'Union africaine (UA), fidèle à sa doctrine démocratique, avait fermement dénoncé le coup d'Etat militaire en RCA, comme elle l'avait déjà fait lors de la crise malgache.

Les événements de Bangui avaient également suscité l'hostilité teintée d'inquiètude du club des inamovibles présidents élus de la Cémac.

L'Equato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, le plus remonté, avait immédiatement rappelé de RCA son contingent militaire participant à la force de paix de la Cémac, qui assurait depuis décembre 2002 la protection du président Patassé.

Mais en deux mois et demi, le régime Bozizé a su rassurer: formation d'un gouvernement de large ouverture dirigé par le consensuel opposant Abel Goumba, promesse d'un retour rapide à la démocratie.

La Cémac a d'ores et déjà salué cette bonne volonté en maintenant sa force de paix en Centrafrique.

Le simple fait d'être invité au sommet de Libreville, après avoir été reçu officiellement fin avril par le président gabonais Omar Bongo, vaut quitus supplémentaire pour François Bozizé.

La France, ancienne puissance coloniale, a ouvert la voie début mai en recevant à Paris le Premier ministre Abel Goumba.

Cette reconnaissance de facto a été confirmé vendredi à Libreville par le ministre français délégué à la Coopération, Pierre André Wiltzer, qui a jugé le délai de la transition proposé par Bangui "pas déraisonnable".

"Les chefs d'Etat souhaitent entendre le général Bozizé et être en mesure de prendre position", a déclaré le ministre français à la presse en évoquant le sommet Cémac.

"Si le plan qu'il propose est jugé crédible, digne d'être soutenu, les pays de la Cémac, la France, et d'autres pays pourront dire qu'ils jugent souhaitable que la communauté internationale apporte son soutien" à la RCA, avait ajouté M. Wiltzer.


Arrivée à Libreville du général François Bozizé

LIBREVILLE, 2 juin 2003 (AFP) - 14h05 - Le président centrafricain autoproclamé, le général François Bozizé, est arrivé lundi midi à Libreville pour participer au sommet extraordinaire des chefs d'Etat d'Afrique centrale consacré à la Centrafrique, a constaté un journaliste de l'AFP.

Accompagné de son ministre des Affaires Etrangères, Karim Meckassoua, le général Bozizé va justifier devant ses pairs sa prise de pouvoir par la force à Bangui, le 15 mars dernier, et présenter sa "feuille de route" en vue de la réconciliation nationale et du retour à la démocratie en Centrafrique.

Vendredi dernier, le général Bozizé avait annoncé "le retour à un ordre constitutionnel en janvier 2005".

Le chef d'Etat congolais Denis Sassou Nguesso, président en exercice de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (CEMAC), est arrivé dimanche après-midi dans la capitale gabonaise où sont attendus lundi en cours de journée les chefs d'Etat des autres pays membres.

La CEMAC regroupe la RCA, le Gabon, le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Tchad et le Congo.


Actualité Centrafrique de sangonet - Dossier 16