Des Ministres "résidents" pour des laissés pour compte, la sécurisation et l'état d'esprit

A chacun sa tâche. Les ministres, outre les rôles dans des cabinets, sont engagés à sillonner tout le territoire sans préoccupations régionalistes ou claniques. Seize ministres "résidents" selon une décision gouvernementale récente se rendront périodiquement dans l'arrière-pays vivre les réalités du moment, et tenter d'être les interprêtes fidèles pour que personne ne soit oubliée et ne soit considérée comme centrafricaines et centrafricains de seconde zone. Mais en réalité, la province est totalement coupée de Bangui tant sur le plan de l'administration, la santé, le trésor, l'éducation, les communications, les télécommunications, que de la sécurisation. Tout cela sera vain si un seul mot avec ses corollaires ne sera pas pris prioritairement en compte : sécurité - et par conséquent la sécurisation, la paix, les échanges commerciaux, les investissements, la libre entreprise, la circulation des citoyens dans toutes les directions sans crainte d'un bracage, d'une arrestation arbitraire, d'une tuerie crapuleuse ou commanditée au mépris du droit. Le Ministre de la Défense, le Chef de l'Etat, François Bozizé, a une lourde responsbilité: garant de la vie du citoyen, garant de la sécurité. Il doit répondre à l'aspiration du peuple en quête de la paix et de la justice. Il ne peut y avoir compromissions et des élections libres et transparentes sans confiance, sans la paix.

Il est aussi un fait, la santé commande que le cerveau soit bien irrigué pour fonctionner normalement. La République Centrafricaine, "pays béni des dieux", bénéficie de deux grands bassins dont l'un alimente le Lac Tchad et l'autre se déverse dans l'Océan Atlantique; elle s'étale depuis la forêt dense équatoriale jusqu'à la limite du désert. Si personne ny prend garde les rivières tariront, , les forêts disparaîtront, la savane sera définitivement gagnée par le désert., et l'eau de source insipide. La thérapeutique des maux dont souffre la RCA est à trouver, pourvu qu'on le veuille. C'est une question d'état d'esprit. Autrement dit, il n'y aura pas d'imagination féconde (ni d'initiative heureuse), le développement en sera bloqué et le centrafricain resté à la traîne brillera dans le nihilisme et le bricolage.

Victor BISSENGUE (21 novembre 2003)


Le président Bozizé affecte des "ministres résidents" dans les provinces

BANGUI, 2O nov 2003(AFP) - 18h47 - Des membres du gouvernement centrafricain ont été affectés jeudi dans les 16 préfectures du pays, comme "ministres résidents", pour s'impliquer au côté des populations de l'arrière-pays, selon un décret présidentiel lu vendredi à la radio nationale à Bangui.

Les 16 "ministres résidents" resteront à Bangui, mais se rendront périodiquement dans leur zone de juridiction pour superviser les programmes et les activités de développement.

Le président André Kolingba (1981-93) avait déjà nommé des ministres résidents dans les provinces de ce pays pauvre et enclavé d'Afrique centrale de 3,7 millions d'habitants.

Sous la présidence Kolingba, des ministres avaient été affectés dans leur région d'origine pour sensibiliser la population sur la consolidation de l'unité nationale, la paix et le développement.

Le président Bozizé a innové en affectant aux 16 ministres concernés des zones géographiques dont ils ne sont pas natifs.

Les habitants des provinces centrafricaines, victimes d'une insécurité endémique et longtemps coupées de la capitale à l'époque de la rébellion du général Bozizé, se plaignent régulièrement d'être abandonnées à leur sort.

Le général Bozizé a renversé le 15 mars dernier par un coup d'Etat le président Ange-Félix Patassé, dont il était l'ancien chef d'état-major, entré en rébellion en novembre 2001.

Ses partisans armés avaient occupé des pans entiers du territoire centrafricain, théâtres de combats avec les forces gouvernementales, entre octobre 2002 et leur entrée à Bangui en mars dernier.

Actualité Centrafrique de sangonet - Dossier 17