Photos du Président : Faute de plaignant, le procès du journaliste MAKA n'aura pas lieu

Le procès en diffamation contre un journaliste centrafricain poursuivi dans une affaire de vente de photos du président Patassé n'a finalement pas eu lieu lundi à Bangui, le plaignant, le porte-parole de la présidence, ayant retiré sa plainte, a annoncé son avocat.

M. Prosper Ndouba a "décidé de retirer sa plainte comme la loi le lui autorise", a déclaré à l'AFP Me Philippe Ngarkassa, avocat de M. Prosper Ndouba avant le début de l'audience prévue devant le tribunal de grande instance de Bangui qui a été aussitôt annulée faute de plaignant.

"Comme vous le savez, M. Ndouba avait déposé sa plainte sans consulter un avocat et nous lui avons conseillé de retirer sa plainte, estimant qu'un simple droit de réponse suffisait", a-t-il précisé.

Le journaliste et directeur de publication du quotidien indépendant Le Citoyen, M. Alexis Maka Gbossokoto, était auparavant poursuivi pour avoir publié le 24 juillet une lettre de M. Ndouba aux entreprises privées en en vue de leur vendre un lot de 12 photos du président Patassé moyennant la somme de 150.000 FCFA (1.500 FF).

L'article intitulé "racket dans les sociétés organisé par Ndouba?", avait valu au journaliste d'être placé en garde à vue du 4 au 8 août, avant d'être remis en liberté dans l'attente de son procès.

Initialement prévu pour le 21 août, celui-ci avait été reporté par le tribunal au 4 septembre pour permettre les citations comme témoins par la défense du directeur général du Trésor public et de l'inspecteur général d'Etat.

Ces deux témoins auraient permis, selon la défense, "d'apporter des éclaircissements sur la vente des photos du chef de l'Etat et l'ouverture d'un compte +communication présidence+ par M. Ndouba pour centraliser les recettes".

Commentant l'abandon de la plainte par le plaignant, l'avocat de M. Maka Gbossokoto, Me Nicolas Tiangaye, a parlé de "capitulation" de la partie adverse et a affirmé que son client allait à son tour déposer plainte contre elle.

"Il faut considérer celà comme une capitulation de M. Ndouba, qui en vendant les photos du chef de l'Etat pour avoir de l'argent, a cessé d'être le porte-parole de la présidence pour se transformer en son porte-monnaie", a-t-il déclaré.

Le journaliste avait reçu le soutien de l'organisation Reporters sans frontières (RSF), du Groupement des éditeurs de la presse privée indépendante de Centrafrique (GEPPIC) et du Parti de l'Unité Nationale (PUN - opposition) du député Jean-Paul Ngoupande.

(AFP, Bangui, 4 sept 2000- 11h50)


Actualité Centrafrique - Dossier 3