Une nouvelle promesse du gouvernement centrafricain : un mois de salaire chaque mois à compter de janvier 2001


Le gouvernement s'engage à payer un mois de salaire chaque mois

BANGUI, 22 jan (AFP) - 17h08 - Le gouvernement centrafricain a annoncé lundi que les fonctionnaires percevraient un mois de salaire à la fin de chaque mois à compter de janvier 2001, "de façon à ce qu'ils puissent planifier leurs dépenses".

"Nous nous engageons chaque mois à payer un mois de salaire de façon à ce que les Centrafricains puissent planifier leurs dépenses", a indiqué le ministre délégué aux Finances, Théodore Dabanga, à la radio nationale.

"Nous donnons rendez-vous au FMI et à la Banque mondiale dans cinq mois pour faire le point. Et si nos efforts se confirment nous devrions avoir d'autres décaissements", a-t-il ajouté.

Vendredi, le gouvernement avait versé trois mois d'arriérés de salaires aux fonctionnaires, quelques jours après un décaissement de 10 millions de dollars du Fonds monétaire international (FMI) à la République centrafricaine.

Ce versement était intervenu le jour du lancement d'une "opération Centrafrique pays mort", à l'appel des syndicats de fonctionnaires, qui n'a suscité qu'une faible mobilisation.

Les agents de l'Etat centrafricain, en grève depuis le 2 novembre, exigent le paiement d'au moins 12 mois d'arriérés de salaire avant toute reprise du travail.

Ils doivent se réunir mercredi en assemblée générale à la Bourse du travail de Bangui pour décider des suites à donner à leur mouvement.

 

Les fonctionnaires centrafricains reçoivent trois mois d'arriérés de salaire

BANGUI, 2O jan (AFP) - 18h38 - La plupart des fonctionnaires centrafricains, dont un grand nombre sont en grève depuis le 2 novembre, ont bien touché les trois mois d'arriérés de salaire promis par le gouvernement centrafricain, a constaté samedi un journaliste de l'AFP à Bangui.

Le paiement de ces arriérés, qui avait commencé vendredi par le versement d'un seul mois, s'est poursuivi tard dans la nuit aux guichets des ministères, tandis que les banques de la capitale devaient payer les deux autres mois dans la journée de samedi.

Une partie des 19.500 agents de la fonction publique s'est mise en grève pour réclamer le "paiement immédiat" de 12 des 30 mois d'arriérés de salaire dus par l'Etat centrafricain depuis 1992, rappelle-t-on.

Ce versement de trois mois d'arriérés a par ailleurs mis en échec l'opération "Centrafrique pays mort" des cinq principales centrales syndicales de fonctionnaires, censée paralyser pendant trois jours à partir de vendredi tous les secteurs économiques du pays.

"C'est un subterfuge", destiné à briser le mouvement des grévistes, avait expliqué la veille le coordinateur des centrales syndicales, Louis Salvador Ngho.

Après une journée quasi-normale vendredi, la capitale centrafricaine a en tout cas présenté samedi son visage habituel, a constaté l'AFP.

Contrairement à la première opération "Centrafrique pays mort" du 11 décembre, magasins, boutiques et marchés de Bangui ont ouvert leurs portes, tandis que les taxis et taxis-bus ont circulé normalement dans tous les arrondissements de la ville.


La vérité si je mens

A Bangui, tout se sait. Il suffit de prêter l’oreille à l’entourage du président Ange-Félix Patassé.

Au sujet du prêt octroyé par la banque mondiale, tout a commencé par une intervention vigoureuse du président Bongo du Gabon dont on connaît le parti lié avec Patassé …

Pris à la gorge et pressé par les syndicats qui demeurent une des rares forces organisées du pays, quoi qu’en disent les représentants des partis politiques centrafricains, Félix Patassé s’est rapproché de Bongo pour l’aider à desserrer le nœud des arriérés de salaires :

- la Banque Mondiale ayant mis comme préalable au déblocage des fonds en faveur de la RCA, le paiement, par celui-ci, des 2 milliards 500 millions dûs au titre de prêts précédents,

- la BEAC estimant pour sa part que le poids centrafricain est bien trop lourd. En effet, le trésor centrafricain ne fait rien pour se sortir des déboires qu’il ne cesse d’accumuler, il doit impérativement qu’il apprenne à balayer devant sa porte avant de tendre les mains. En conséquence il faut demander aux autorités centrafricaines de donner des gages sérieux,

le président Bongo a du pratiquement intimer l’ordre au gouverneur de cette dernière institution, lors du sommet de Ndjaména, pour sauver son ami du désastre et donner une bouffée d’oxygène au régime de Bangui.

Ainsi, les 2,5 milliards furent payés par la BEAC à la banque mondiale,

la banque mondiale débloqua immédiatement 4 milliards,

la banque de France par où toutes les transactions de la zone franc passent, se servit au passage : 700 millions, dûs par Patassé,

la BEAC récupéra une partie de ses prêts à l’Etat centrafricain : 500 millions.

Résultat de la course : 2 milliards 800 millions sont parvenus ces derniers jours à Bangui.

Question : de cette somme, combien sera affecté au paiement de salaires des fonctionnaires, pensions, des retraités et bourses d’étudiants ? ? ?

On susurre que les services de la présidence et Ange-Félix Patassé ont des exigences … Le ministre des finances ne sait plus où se donner la tête. Et les puristes de dire : Monsieur le Ministre, qu’attendez-vous pour démissionner de cette galère ?

Paris le 14 janvier 2001

D. Banalé


Actualité Centrafrique - Dossier 3