Acquittement pour la nigériane Safiya Hussaini

Verdict rendu par la Cour d'appel islamique de l'Etat de Sokoto, Nigeria : acquittement. Safiya et sa fille ont gagné; elles ont la vie saine et sauve.


Acquittement de la Nigériane condamnée à mort pour adultère
par Glenn McKenzie

AP, LAGOS, 25 mars 2002 19:46 - La Cour d'appel islamique de l'Etat de Sokoto (nord) a acquitté lundi Safiya Hussaini, une Nigériane de 35 ans condamnée en octobre dernier à la mort par lapidation pour adultère. L'affaire avait suscité des protestations dans le pays et au niveau international. Une autre Nigériane risque toutefois le même châtiment pour le même motif.

"Merci, merci", a murmuré Safiya Hussaini en hausa, après qu'on lui a traduit le verdict d'acquittement, prononcé en arabe. Tambari Usman, l'un des quatre juges, a estimé que des aveux présumés de l'accusée n'étaient pas recevables car elle n'avait pas été correctement informée de la gravité du crime d'adultère au regard de la loi islamique, la charia.

Le juge Usman a souligné les charges devaient être rejetées si "le moindre doute existe". En outre, même si un adultère a bien été commis dans l'affaire, il se serait produit avant que le Sokoto n'instaure la charia en janvier 2001, a-t-il ajouté.

Selon ses avocats, Mme Hussaini avait été mise enceinte par son ex-mari avant leur divorce "il y a quelques années". La défense a soutenu que sept années peuvent s'écouler entre la conception et la naissance en vertu de la loi islamique, malgré l'invraisemblance de cette hypothèse sur le plan biologique.

Dans un premier temps, Safiya avait déclaré avoir été violée par un voisin, avant de se rétracter. L'avocat du ministère public avait estimé la semaine dernière que la naissance de la petite Adama, 13 mois, suffisait à prouver l'adultère.

En octobre dernier, Safiya Hussaini avait été reconnue coupable d'avoir conçu un enfant avec un voisin marié. Un tribunal islamique de Gwadabawa (Sokoto) l'avait condamnée à être exécutée par lapidation, le corps enterré dans le sable jusqu'à la taille.

L'affaire avait déclenché un tollé dans le monde. Les organisations de défense des droits de l'Homme, des associations féministes, des parlementaires de l'Union européenne et des élus américains avaient condamné le jugement de première instance.

Le gouvernement nigérian et des associations de défense des droits de l'Homme avaient fourni des avocats pour assurer la défense de l'accusée. La semaine dernière, Lagos a pour la première fois déclaré "inconstitutionnelle" l'application de peines prévues par la charia comme les exécutions et amputations. Mais les gouvernements de plusieurs Etats du nord du pays, dont le Sokoto, ont répliqué qu'ils maintiendraient l'application de la loi islamique.

Les 11 avocats de la défense se sont félicités du verdict, qui selon eux devrait dissuader les procureurs de lancer des accusations similaires à la légère dans l'avenir. "C'est un jugement important qui servira de référence pour tous les autres cas impliquant des accusations d'adultère," a souligné Hurera Akiluattah.

Mme Hussaini était la première Nigériane condamnée à être exécutée par lapidation depuis qu'une dizaine d'Etats nigérians du nord ont commencé à appliquer la charia en 2000.

Reste qu'une autre Nigériane a été récemment condamnée à mort par lapidation pour adultère. Un tribunal islamique à Bakori, dans l'Etat de Katsina, a ordonné vendredi l'exécution d'Amina Lawal Kurami, parce qu'elle a donné naissance à un enfant plus de neuf mois après avoir divorcé de son ancien mari. Elle a 30 jours pour faire appel. AP


La Nigériane Safiya Husaini est acquittée

AFP, Sokoto (Nigeria), 25 mars 2002, 13h06- La cour d'appel islamique de l'Etat de Sokoto (nord du Nigeria) a acquitté lundi Safiya Husaini, 35 ans, qui avait été condamnée à la lapidation pour adultère. Mais, dans le même temps, une autre femme était condamnée à la lapidation pour adultère par une cour islamique du nord du Nigeria.

L'affaire de Safiya Husaini avait pris une dimension internationale, et avait suscité de vives protestations, notamment en Europe. Le juge en chef de la cour d'appel islamique de Sokoto, a levé l'ensemble des accusations qui peseaient sur elles. Il a fallu deux heures au tribunal pour rendre sa décision, qui avait été reportée d'une semaine.

Safiya Husaini avait été a été condamnée à mort en octobre 2001 par le tribunal islamique de Sokoto qui, constatant qu'elle avait donné naissance à une petite fille en février 2001 alors qu'elle était divorcée, l'avait déclaré coupable d'adultère. Selon la charia, une femme divorcée commet un adultère si elle a des relations sexuelles sans être remariée.

Dans un premier temps, elle avait accusé un ami de son père de l'avoir violée. En janvier, elle déclarait que le père d'Adama était, en fait, son dernier mari. Selon la charia, une femme ne peut être considérée comme adultère si elle accouche d'un enfant dont le père est son ex-mari, dans un délai pouvant aller jusqu'à sept ans après la dissolution du mariage. [Photo © Ekpei Utomi. ]


Acquittement en appel d'une Nigériane qui risquait la lapidation
Reuters, Sokoto (Nigeria), 25 mars 2002 12:48 - Un tribunal islamique nigérian a relaxé en appel une mère de 35 ans condamnée en première instance à la peine de mort par lapidation pour adultère.

Le tribunal de Sokoto, une ville du Nord du Nigeria à majorité musulmane, a annulé le verdict pris à l'encontre de Safiya Hussaini Tungar-Tudu pour vice de procédure.

La défense avait fait valoir que la loi sur laquelle s'était fondée la condamnation en première instance n'existait pas au moment des faits reprochés. Elle remettait aussi en cause la compétence du tribunal.

Le cas de Safiya, condamnée en octobre dernier, avait soulevé une vague d'indignation à travers le monde.


Onaiyekan seeks Supreme Court's handling of Safiyat's case
From Emmanuel Onwubiko, Abuja [ The Guardian, Lagos, Nigeria - Monday, March 25, 2002.]

FOR Safiyat Tungar-Tukur's right to life not to be violated, a member of the Catholic Bishops Conference of Nigeria, Archbishop John Olorunfemi Onaiyekan, has urged the Federal Government to take her case to Supreme Court for determination.

The Sharia Court of Appeal in Sokoto State is expected to deliver judgement in an appeal by Safiya against a death sentence by stoning, passed by a lower Sharia Court.

She was charged with adultery and found guilty of same.

But Onaiyekan yesterday asked the Federal Government not to allow the death sentence to be executed.

Besides, the prelate canvassed the taking over of Safiya's case by the Federal Attorney-General to the Supreme Court to protest the unconstitutionality of her death sentence passed by the lower sharia court.

He spoke at a Holy Mass to mark this year's Palm Sunday at the Our Lady Queen of Nigeria Catholic Church in Abuja. The cleric commended the Attorney-General of the Federation, Kanu Godwin Agabi over his recent disclosure of the Federal Government's stand on Sharia.

Agabi had written governors implementing Sharia, declaring that the kind of punishments imposed under the Islamic legal code violate section 42 of the 1999 Constitution.

Section 42 (1) stated that: "A citizen of Nigeria of a particular community, ethnic group, place of origin, sex, religion or political/opinion shall not by reason only that he is such a person, be subjected either expressly by or in the practical application of, any law in force in Nigeria or any executive or administrative action of the government to disabilities or restrictions to which citizens of Nigeria or other communities, ethnic groups, places of origin, sex, religions or political/opinions are not made subject."

The clergyman, however, urged the government to proceed to the nation's apex court to compel the states violating the constitutional provision in the implementation of sharia to comply with the constitution.

On Safiya's case, Onaiyekan stated that "her life should be spared". Freedom of religion means that religion should be freed from the manipulations of political officeholders for their selfish motives", he stated.

He added that "it is only in Nigeria that the President should say that something is wrong and unconstitutional but has done nothing about it. He told us that the kind of political Sharia practised now would fizzle out, but has not done anything to correct the unconstitutionality of the implementation of the law. We thank God that the Federal Government has suddenly realised that those aspects of the Sharia law introduced by current political officeholders in some northern states violate the 1999 Constitution."

Onaiyekan appealed to state governments practising Sharia to consider the stability, peace and unity of Nigeria above any political gains.

Safiya Hussaini, condamnée à mort par lapidation, selon la chariah : mais le Nigeria officiel déclare la loi islamique contraire à la constitution (21 mars 2002)

Safiya Hussaini Tungar-Tudu, la charia et la lapidation au Nigeria (15 janvier 2002)


Actualité Internationale et africaine 3 - Spécial Safiya Hussaini