Dialogue africain II d'Arusha en Tanzanie : résultats concrets attendus

DAR ES SALAAM, 29 mai (IRIN - UN) - Une conférence sur les droits de l'homme, définissant les principaux facteurs favorisant la justice et la réconciliation sur le continent africain, a cité une plus forte coopération internationale en faveur des initiatives africaines et le respect des droits de l'homme pour une bonne gouvernance.

Le Dialogue africain II, qui s'est achevé le 24 mai à Arusha en Tanzanie, a porté sur cinq sujets essentiels : clarification des concepts, justice et réconciliation comme instruments de la reconstruction nationale, le rôle des organisations régionales et sous-régionales dans le renforcement des systèmes judiciaires, le rôle de la communauté internationale pour promouvoir la justice et la réconciliation en Afrique et l'équilibre entre le développement économique et le renforcement de la responsabilité - et leur impact sur les droits de l'homme.

Recommandations
Après avoir défini les principales difficultés s'opposant à la justice et à la réconciliation en Afrique, les conférenciers, représentant trente pays africains, ont proposé une série de recommandations visant à éliminer ces obstacles. Ils ont, entre autres, suggéré que le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (OHCHR), principal organisateur de la conférence, fasse le point, chaque année, de l'application des recommandations présentées à Arusha.

Les conférenciers ont exhorté les Etats souverains à s'attaquer aux causes profondes des conflits et de la corruption, à promouvoir la décentralisation, la ratification des instruments internationaux et régionaux des droits de l'homme, le renforcement des systèmes judiciaires nationaux et la reconnaissance des institutions traditionnelles ainsi que les mécanismes permettant de renforcer la justice et la réconciliation.

Les participants ont appelé à la mise en oeuvre de programmes de développement centrés sur les besoins du continent, soulignant que ces projets ne pourraient réussir que si les pays concernés en avaient la maîtrise.

Ces recommandations s'adressent aux Etats souverains, aux blocs économiques régionaux, au Comité directeur du Nouveau partenariat pour le développement africain (NePAD) à la société civile, à l'OHCHR, au Fonds de développement des Nations Unies et à la communauté internationale.

Appel
Prenant la parole lors de l'ouverture de cette conférence de trois jours, le ministre tanzanien de la justice et des affaires constitutionnelles, Bakari Mwapachu, a insisté sur l'importance de la coopération aux niveaux national, régional et international dans le domaine de la justice en Afrique.

S'adressant à une centaine d'experts en matière des droits de l'homme, à des décideurs, des juges, des parlementaires et des représentants de la société civile participant à ce sommet, le directeur du OHCHR, Bacre Ndiaye, a déclaré que la paix, la stabilité et le développement seraient difficiles à obtenir sans justice ni respect des droits de l'homme.

En outre, l'orateur principal, Conmany Wesseh, a affirmé que la lutte des droits de l'homme a impliqué le renforcement du pouvoir de la population pour gouverner leur propre destin. M. Wesseh, militant des droits de l'homme et administrateur du «  Center for Democratic Empowerment » , a quitté le  Liberia, son pays natal, et vit aujourd'hui à Abidjan, en Côte d'Ivoire.

Réactions
Les réactions recueillies à l'issue de ce sommet ont été positives, a fait savoir Ayo Atsenuwa, un consultant présent lors de cette rencontre. Des garanties ont été offertes selon lesquelles des rencontres se tiendraient au niveau national, a-t-elle ajouté, « en vue de soumettre un certain nombre de recommandations et d'élaborer des stratégies locales visant à relever les différents défis. En s'adressant à des groupes bien spécifiques et en introduisant des dispositions prévoyant l'application de suivis, a-t-elle souligné, ces recommandations devraient pouvoir être mises en oeuvre.

« Nous sommes convaincus que cette rencontre va déboucher sur quelque chose de concret et que la série de recommandations proposées ne sombrera pas dans l'oubli, » a-t-elle indiqué ce mardi à IRIN.

NU, Bureau de l'OCHA, Réseaux d'Information Régionaux Intégré (IRIN)

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