8 mars, Journée Internationale de la Femme (mars 2003)


La journée de la femme marquée par l'imminence d'une guerre en Irak

PARIS (AFP), le 08 mars 2003  - La journée internationale de la femme a été marquée samedi à travers le monde par l'imminence d'une guerre en Irak, dénoncée sur tous les continents aux côtés des violences et de l'inégalité des droits.

Sur le continent européen, les pacifistes se sont notamment rassemblés au Royaume-Uni, principal allié des Etats-Unis dans la crise irakienne, en Espagne et en Italie, à Rome devant le ministère de la Défense.

A Berlin, l'événement devait être marqué dans la soirée par une manifestation culturelle, la "Longue nuit des femmes", des circuits en autobus et à pied à travers la capitale allemande pour découvrir des lieux liés à l'histoire des femmes.

Dans une tribune, les sept ministres-femmes du gouvernement de Gerhard Schroeder, hostile à une guerre, ont averti des "conséquences épouvantables" d'un conflit, "notamment pour les civils, les femmes et les enfants".

Et en Suède, le vice-Premier ministre Margareta Winberg a renouvelé samedi, devant des représentantes d'organisations de femmes, les critiques de son gouvernement contre la doctrine militaire américaine à l'égard de Bagdad.

Aux Etats-Unis, plusieurs groupes de femmes devaient manifester plus tard dans la journée dans plusieurs villes contre une éventuelle guerre en Irak, notamment à Washington, au cours d'une marche à proximité de la Maison Blanche.

En Amérique du sud les premières mobilisations ont rassemblé 1.500 personnes à Santiago du Chili, scandant également des slogans anti-guerre.

Cependant, aux portes de l'Irak, dans la ville turque de Siirt, elles étaient plus d'un millier à se rassembler devant le siège provincial d'un parti pro-kurde, pour davantage de droits et contre une guerre en Irak.

Au Moyen-Orient, plusieurs appels ont aussi été lancés contre le risque d'un conflit armé ainsi que pour dénoncer des opérations israéliennes dans les territoires occupés, notamment par la reine Rania, épouse du roi Abdallah II de Jordanie, et au Liban par l'épouse du président Emile Lahoud, Andrée Lahoud.

A Téhéran aussi et pour la première fois depuis la révolution islamique de 1979, quelque 300 Iraniennes ont manifesté pour les droits des femmes et contre la guerre en Irak.

En Irak l'Union des Femmes irakiennes a organisé samedi une marche devant le siège de l'Onu à Bagdad pour protester contre les menaces de guerre et la poursuite de l'embargo.

Sur le continent asiatique aussi, l'Irak figurait en bonne place dans les manifestations qui ont réuni des milliers de personnes dans les grandes capitales.

En Afghanistan, après l'éviction des talibans, milice islamiste au pouvoir à Kaboul de 1996 à 2001, qui les enfermaient chez elles, le président Hamid Karzaï s'est fait l'avocat d'une plus grande liberté des femmes. Il devait présider un rassemblement à Kaboul coïncidant avec le lancement d'un nouveau manuel de l'UNICEF destiné à lutter contre l'illettrisme chez les femmes et les filles.

La négligence des besoins des femmes en matière d'éducation, de santé et de sécurité, a été également dénoncée en Asie du sud et du sud-est, à Taïwan et à Hong Kong.

Au Bangladesh, des manifestations ont eu lieu à Dacca, capitale d'un pays où cinq femmes sont défigurées chaque semaine par des attaques à l'acide.

En Inde, une femme a été tuée et quinze autres ont été blessées dans un mouvement de panique au cours d'une manifestation d'intouchables vendredi.

Cette journée a aussi rappelé le combat des femmes contre les violences conjugales ainsi que les discriminations au travail et dans la vie publique qui persistent en Europe. En France, les violences sexistes et les ghettos ont été au centre d'une manifestation de plusieurs milliers de personnes à Paris.

En Russie, où la Journée de la femme est restée depuis l'époque soviétique une importante fête nationale, les défenseurs des droits de l'homme rappelaient que les violences conjugales étaient encore le quotidien de très nombreuses femmes et entraînaient chaque année la mort de quelque 14.000 femmes.

En Afrique, un continent aux traditions souvent défavorable aux femmes, les manifestantes ont revendiqué l'arrêt des violences dont elles sont parfois victimes et l'égalité juridique des sexes.

Plus de 5.000 Centrafricaines sont notamment descendues dans les rues de Bangui pour réclamer la paix, la tolérance et la réconciliation nationale et à Harare, au moins 400 femmes ont manifesté sous une pluie battante contre les humiliations, les violences et les viols.

A Rabat, douze ONG marocaines ont lancé une campagne en faveur d'un nouveau Code de la famille garantissant l'égalité des sexes.

En Algérie, le code de la famille, en vigueur depuis 1984 et largement défavorable à la femme, sera amendé, a affirmé la ministre déléguée à la Famille et à la condition féminine, Boutheina Cheriet.


8 mars : violences policières au Zimbabwe

HARARE (AP), 08 mars 2003 20:42  - La police zimbabwéenne a chargé, samedi, la manifestation des femmes à Bulawayo, la deuxième ville du pays, réputée comme un bastion de l'opposition, blessant six d'entre elles; il y a eu 19 interpellations, selon des témoins.

Certaines des blessées ont été hospitalisées, selon Jenni Williams, l'une des organisatrices du défilé. Elle a précisé que les personnes arrêtées avaient été relâchées par la suite sans qu'aucune poursuite ne soit intentée contre elles. La police n'a fait aucune déclaration.

Une autre manifestation pour le 8 mars a eu lieu dans la capitale, Harare, notamment pour protester contre les violations accrues des droits des femmes par le régime du président Robert Mugabe. «Nos soeurs ne sont pas des esclaves sexuelles», disait une pancarte. Les manifestantes exigeaient en effet que les milices de jeunes du parti au pouvoir soient dissoutes, selon l'agence South African Press Association. Selon les militantes féministes, ces milices recrutent de force des femmes qui sont violées dans des camps d'entraînement.

Un autre slogan réclamait «de la nourriture pour nos enfants». Le Zimbabwe fait face à une crise alimentaire gravissime qui menace de famine la moitié des 13 millions d'habitants de ce pays d'Afrique australe. 


Journée de la femme: les Iraniennes dans la rue contre la discrimination --par Ali Akbar Dareini

TEHERAN (AP), 08 mars 2003 19:22  - En cette Journée internationale de la femme, plusieurs centaines d'Iraniennes se sont rassemblées samedi dans le centre de Téhéran pour protester contre la discrimination et réclamer l'égalité des droits, une première depuis la Révolution islamique de 1979.

«Comment pouvons-nous célébrer cette journée quand nos femmes n'ont pas le droit de choisir leur maris, pas le droit de demander le divorce», a lancé sous les applaudissements l'organisatrice de la manifestation Noushin Ahmadi.

Ce rassemblement dans un parc du centre de Téhéran, surveillé par un important dispositif policier dont quelque 400 femmes qui sont les premières admises à suivre la formation pour entrer dans la police depuis 1979, était organisé par le Centre culturel des femmes, une ONG qui milite pour les droits des Iraniennes.

La militante Zohreh Arzani a déploré la non ratification par l'Iran de la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination envers les femmes. «Pourquoi même le Parlement dominé par les réformateurs n'a-t-il pu débattre et approuver cette convention?», a-t-elle demandé au milieu des sifflets des jeunes filles. Les responsables religieux de la ville sainte de Qom, à 130km au sud de Téhéran, ont rejeté la convention jugée contraire à l'Islam.

«La moitié des suffrages récoltés par les parlementaires étaient ceux des femmes. Comment pouvez-vous ne pas reconnaître et soutenir les droits de vos épouses, vos mères et vos soeurs?», a-t-elle lancé à l'adresse des hommes. «Pourquoi les femmes ne se voient-elles pas accorder des postes ministériels ou de direction?».

Si elles ne peuvent accéder aux plus hautes responsabilités, les Iraniennes, qui représentent 31 des 66 millions d'habitants du pays, jouissent de droits civiques et de libertés plus larges que la majeure partie des femmes des Etats voisins du Golfe, dont le droit de vote et l'éligibilité.

La situation des femmes s'est améliorée depuis l'élection en 1997 du président réformateur Mohammad Khatami, qui a nommé une femme vice-présidente. D'autres femmes occupent des postes au sein du gouvernement, mais aucune n'est à la tête d'un ministère.

Mais si le Majlis (Parlement) dominé par les réformateurs a levé l'interdiction faite aux femmes mariées d'étudier à l'étranger, d'autres lois en faveur des droits de la femme ont été rejetées par le Conseil des Gardiens, institution représentée par les durs du régime, chargée de vérifier la conformité de la loi avec l'Islam et la Constitution.

Pour l'écrivaine Shirin Ebadi, les Iraniennes veulent d'abord «les pleins droits civils» avant des responsabilités gouvernementales.

Dans le cadre de la loi islamique, une femme a besoin de la permission de son mari pour travailler ou voyager à l'étranger. Devant un tribunal, le témoignage d'un homme a deux fois plus de valeur que celui d'une femme. Les hommes peuvent avoir quatre épouses, mais l'inverse n'est évidemment pas accepté.

Par ailleurs, la compensation versée à la famille d'une victime d'un meurtre, appelée «argent du sang», est deux fois plus importante quand la victime est un homme. Si un homme n'a aucun problème pour divorcer de sa femme, l'épouse qui demande le divorce s'engage dans une bataille juridique qui peut prendre des années et vraisemblablement finir par l'abandon de son droit au divorce.

Les manifestantes ont également tiré la sonnette d'alarme samedi devant la recrudescence des cas de femmes victimes de discriminations qui se sont immolées, en particulier dans les régions rurales. Mais aucun chiffre officiel n'est disponible.


Plusieurs milliers de femmes dans les rues de Bangui pour la paix

BANGUI, 8 mars 2003 (AFP) - 13h35 - Plus de 5.000 femmes sont descendues samedi dans les rues de Bangui pour réclamer la paix, la tolérance et la réconciliation nationale, thème retenu en Centrafrique pour la journée internationale de la femme, a constaté l'AFP.

Cette marche pacifique à travers les avenues Bathélémy Boganda et des Martyrs s'est achevée devant le siège de l'Organisation des femmes centrafricaines (OFCA), où a été lu un message de l'épouse du chef de l'Etat, Angèle Patassé.

Mme Patassé a exprimé aux femmes centrafricaines ses "sentiments de paix", qu'elles soient de l'est, de l'ouest, du nord ou du sud, les appelant "à rejeter la haine, la division, et la guerre".

Vendredi, au "cinéma le club" de Bangui, le ministère centrafricain des Affaires sociales avait organisé un culte d'action de grâce réunissant de nombreuses femmes et des personnalités du pays, pour implorer la bénédiction divine sur la RCA et appeler la femme à prier pour la paix, la tolérance, et la réconciliation nationale.

La Centrafrique a été durement éprouvée depuis 1996 par des mutineries militaires (1996/97) et tentatives de coup d'Etat à répétition (2001/02), et connaît une crise socio-économique très profonde.


Journée internationale de la femme sous le signe de la diversité des revendications en France

PARIS (AP), vendredi 7 mars 2003, 17h42 - Défense de la parité en politique, lutte contre les discriminations sexistes ou contre les violences dont sont victimes les femmes: la célébration de la Journée internationale de la femme sera marquée samedi en France par la diversité des revendications et des manifestations, dont certaines ont commencé depuis plus d'un mois.

Le collectif "Ni Putes, ni soumises", qui a entamé le 1er février une marche des femmes à travers les quartiers "difficiles", terminera son parcours dans l'après-midi par l'organisation d'une manifestation "contre les ghettos, la violence et la discrimination sexiste" qui ralliera la place de la République à celle de la Nation à Paris.

Les marcheuses, fortes du soutien de plus de 70 organisations de défense des droits des femmes, des droits de l'homme, de syndicats, de partis politiques de gauche et d'associations de quartier seront reçues dans la matinée par le Premier ministre. Elles devraient défendre devant Jean-Pierre Raffarin une série de mesures concrètes pour améliorer la vie des femmes: éducation sexuelle et civique pour tous, apprentissage renforcé de la langue française, "ouverture de structures permettant l'accès aux droits élémentaires", création de structures d'accueil d'urgence pour les femmes victimes de mariages forcés ou de polygamie...

Des manifestation se dérouleront dans de nombreuses autres villes de France, notamment à Lyon, Poitiers, Avignon ou Strasbourg, où Françaises et Allemandes se retrouveront pour un rassemblement transfrontalier sur le pont de l'Europe qui enjambe le Rhin.

Le président Jacques Chirac a réaffirmé dans la semaine son soutien au combat pour l'égalité entre les sexes, estimant que "le combat pour l'égalité, pour la liberté des femmes et pour leur respect est un combat quotidien". "Les violences faites aux femmes, qu'elles soient physiques ou verbales, sont inacceptables et doivent être sévèrement condamnées", a-t-il ajouté, réagissant à une communication faite mercredi en Conseil des ministres par la ministre déléguée à la Parité et à l'égalité professionnelle Nicole Ameline.

De nombreux ministres ont également tenu à célébrer, chacun dans son domaine de compétence, cette Journée de la femme. Vendredi, une centaine d'entre elles ont été reçues au ministère de l'Intérieur par Nicolas Sarkozy, tandis que Dominique Perben saluait le travail des juges, greffières et des autres femmes qui travaillant pour le ministère de la Justice, et que le ministre des Sports Jean-François Lamour déjeunait à Rolland-Garros avec des personnalités du monde du sportif, dont la sprinteuse Muriel Hurtis.

S'exprimant devant une assemblée de femmes de la police, de la gendarmerie ou des pompiers, Nicolas Sarkozy a reconnu que "les qualités des femmes, ne sont pas seulement la douceur, le sens des réalités (...), mais c'est aussi le courage".

"La parité, c'est utile pour débloquer une situation. Sans la parité, on n'y arrivera pas", a jugé le ministre de l'Intérieur. Mais dans le monde politique, "il y a encore des efforts à faire", avait plaidé jeudi le rapporteur de l'Observatoire de la parité, Marie-Jo Zimmermann. Dans son dernier rapport, l'Observatoire esquisse des pistes pour renforcer la loi sur la parité du 6 juin 2000, notamment pour renforcer le nombre de femmes effectivement élues lors des scrutin de type uninominal.

Pour inciter les femmes déjà engagées en politique à ne pas perdre espoir, le député UMP Christine Boutin a d'ailleurs pris l'initiative d'envoyer mercredi à chaque femme parlementaire, ainsi qu'à Bernadette Chirac et à Anne-Marie Raffarin, un bouquet de marguerites. Non sans préciser que dans la symbolique des fleurs, la reine marguerite signifie "Je lutterai contre la fatalité"...


Comment le 8 mars est devenu la Journée Internationale des Femmes...
http://8mars.online.fr/histoire/index.html

Origine
Au début du XIX°s, des femmes de tous pays s'unissent pour défendre leurs droits et réclamer le droit de vote.
La création d'une "Journée internationale des femmes" a été proposée pour la première fois en 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, par Clara Zetkin, et s'inscrivait alors dans une perpective révolutionnaire.
La date n'est tout d'abord pas fixée, et ce n'est qu'à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met en place. Après 1945, la Journée internationale des femmes devient une tradition dans le monde entier.

1857 : le mythe des origines ?
La légende veut que l'origine du 8 mars remonte à une manifestation d'ouvrières américaines du textile en 1857... evénement qui n'a en réalité jamais eu lieu !
Par contre l'origine de cette journée s'encre bel et bien dans les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l'égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l'Europe, au début du XX°s.

Et après ?
La Journée internationale des femmes est reconnue officiellement par les Nations Unies en 1977, et en France en 1982. C'est une journée de manifestations à travers le monde, l'occasion de faire un bilan.
La Journée internationale des femmes reste aujourd'hui d'une brûlante actualité. Car tant que l'égalité entre les hommes et les femmes ne sera pas atteinte, nous aurons besoin de la célébrer.


Meilleures à l'école, les filles restent à l'écart des filières scientifiques

PARIS (AP), vendredi 7 mars 2003, 0h13  - Meilleures que les garçons à l'école primaire et dans le secondaire, les filles sont aussi plus nombreuses à s'engager dans de longues études. Toutefois, leur projet professionnel à l'âge de 15 ans reflète déjà un certain désintérêt pour les filières scientifiques, selon une étude de l'INSEE publiée vendredi à la veille de la Journée internationale des femmes.

C'est dans le domaine "littéraire" que les filles obtiennent les meilleurs résultats par rapport aux garçons. A la rentrée 2001, les filles qui entraient en sixième réussissaient 75% des questions de français, contre 69% pour les garçons, alors que les résultats aux questionnaires de mathématiques étaient comparables. A 17 ans, les jeunes filles sont 9% à éprouver des difficultés "à accomplir des lectures nécessaires à leur vie de tous les jours", contre 14% des garçons, selon les chiffres recueillis dans le cadre de la "journée de préparation à la défense", obligatoire pour tous les jeunes Français.

Une enquête internationale organisée en 2000 par l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) pour évaluer la compréhension de l'écrit des élèves de 15 ans attribue une note moyenne de 519 aux jeunes Françaises, et de 490 pour les garçons. Les filles creusent l'écart lorsqu'on leur demande des réponses longues, tandis que les garçons le réduisent quand ils se trouvent face à une question courte portant sur un tableau ou un graphique.

Cette meilleure réussite des adolescentes explique qu'elles se sentent mieux à l'école ou face à la lecture. A 15 ans, elles ne sont que 21% à ne jamais lire pour leur plaisir (40% des garçons), et seulement 29% déclarent s'ennuyer à l'école, contre 38% des adolescents. A l'aise, les filles sont également plus ambitieuses: 48% des adolescentes de 15 ans souhaitent exercer "une profession intellectuelle, scientifique ou de direction, contre 38% des garçons", précise cette étude de l'Institut national de la statistique et des études économiques.

La préférence des filles pour les activités littéraires se traduit plus tard dans le choix de leur orientation, et leur faible présence dans les filières scientifiques: parmi les lycéens qui réussissent le baccalauréat général, seulement 37% des filles étaient inscrites dans la filière "scientifique", contre 68% des garçons. "Or, le baccalauréat scientifique ouvre plus largement que le baccalauréat littéraire l'accès aux filières sélectives de l'enseignement supérieur (classes préparatoires, IUT)", observe l'INSEE. Un mécanisme qui permet aux garçons de surmonter des performances relativement moins bonnes que celles des filles.


Femmes en politique: "il y a encore des efforts à faire", sermonne l'Observatoire de la parité

PARIS (AP), jeudi 6 mars 2003, 17h54 - Machos, les hommes politiques? Dans un rapport remis jeudi à Jean-Pierre Raffarin dans le cadre de la Journée internationale des femmes, l'Observatoire de la parité invite la classe politique française à faire davantage de place à la gent féminine et esquisse des pistes pour renforcer la loi parité du 6 juin 2000.

"Il y a encore des efforts à faire", a plaidé la rapporteure Marie-Jo Zimmermann. "Il y a sans aucun doute des résultats, mais beaucoup d'améliorations à apporter".

C'est surtout au niveau des scrutins de type uninominal que le bât blesse. Trop souvent, aux législatives, les partis investissent des femmes dans des circonscriptions difficilement gagnables. Plus grave, on compte seulement 9,4% de conseillères générales du fait du mode de scrutin cantonal. Enfin, dans les communes de moins de 3.500 habitants, il n'y aurait que 30% de femmes dans les rangs des conseils municipaux, selon les estimations de l'Observatoire créé en octobre 1995.

Marie-Jo Zimmermann a également émis des réserves sur la réforme du scrutin sénatorial (en partie uninominal) en cours de rédaction à Matignon: les sénateurs seraient désormais élus à la proportionnelle dans les départements comptant quatre représentants à la Haute Assemblée, alors que Lionel Jospin avait ramené ce seuil à trois. La part de scrutin proportionnel, pourtant plus avantageux pour les femmes, serait révisée à la baisse.

Pour y remédier, la rapporteure propose d'instaurer une suppléance paritaire à tous les scrutins uninominaux (une femme suppléante pour un élu homme et vice-versa). Ce qui permettrait aux femmes d'accéder mécaniquement à l'Assemblée, au Sénat ou dans les conseils généraux dès lors que l'élu dont elles sont suppléantes abandonne son mandat (décès, nomination). Autre suggestion, alourdir les sanctions financières sanctionnant les partis qui ne présentent pas des listes strictement paritaires (à 2% près).

Mme Zimmermann a également proposé des améliorations pour les scrutins de type proportionnel, invitant les partis à faire en sorte qu'il y ait autant d'élues que de femmes candidates sur les listes. Ceux-ci investissent en effet peu de femmes têtes de liste. Sur les 47% de femmes conseillères municipales dans les communes de plus de 3.500 habitants, beaucoup sont donc cantonnées à des fonctions secondaires. Même constat dans les conseils régionaux, où les vice-présidences sont trustées par les hommes.

Enfin, la députée UMP a salué le renforcement de la parité prévue par la réforme des modes de scrutin en cours d'examen au Parlement. Désormais, une stricte alternance homme-femme (listes "chabada") sera la règle pour les régionales et européennes, alors qu'elle s'appliquait auparavant par paquet de six candidats.

Seul petit hic, la rapporteure n'a pu faire adopter aucun de ses amendements visant à renforcer la parité lors du débat sur ce texte, Jean-Pierre Raffarin ayant brandi l'arme du 49-3. Elle n'aura pas davantage de chance au Sénat, où le gouvernement devrait rejeter en bloc toute modification pour accélérer l'adoption de la réforme.


Chirac: "le combat pour l'égalité des femmes est un combat quotidien"

PARIS (AP), mercredi 5 mars 2003, 13h01 - "Le combat pour l'égalité, pour la liberté des femmes et pour leur respect est un combat quotidien", a réaffirmé mercredi le président Jacques Chirac, avant la tenue samedi de la Journée internationale des femmes.

Réagissant à une communication sur le sujet faite en Conseil des ministres par la ministre déléguée à la Parité et à l'égalité professionnelle Nicole Ameline, le chef de l'Etat a souligné que "les violences faites aux femmes, qu'elles soient physiques ou verbales, sont inacceptables et doivent être sévèrement condamnées".

"Le premier droit des femmes, c'est le droit au respect", a affirmé Jacques Chirac, dont les propos étaient rapportés par le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé. Par ailleurs, "trop souvent encore les femmes sont confinées dans des situations professionnelles précaires", a déploré M. Chirac, en regrettant notamment que leurs rémunérations soient "plus faibles".

Nicole Ameline a annoncé de son côté la création d'un Conseil national de l'égalité composé d'une soixantaine de membres. Présidé par le Premier ministre, il aurait une fonction de consultation et de proposition pour la mise en oeuvre d'une "démarche transversale de l'égalité".

La ministre déléguée a également fait part de l'élaboration d'une Charte nationale de l'égalité, précisant, pour chaque acteur, la nature de son engagement en faveur de l'égalité. Elle "pourrait être finalisée à la fin de l'année 2003", selon Mme Ameline.

Elle a également annoncé la mise en place d'un réseau "Parité" (Promotion des actions et renforcement des initiatives qui tissent l'égalité), destiné à "rapprocher les différents partenaires" de ce dossier. Il s'agirait selon elle d'un "espace d'échanges, un centre de ressources, un carrefour des idées et des initiatives".


La Marche des femmes achève son tour des régions à Lille

LILLE (AFP), vendredi 28 février 2003, 12h38 - La Marche des femmes, partie le 1er février de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), a achevé son tour des régions de France vendredi à Lille, où elle a été reçue en mairie.

C'était la première fois que la Marche des femmes, qui est passée par plus d'une vingtaine de villes en un mois, était reçue par une municipalité, selon la mairie.

"On a voulu donner l'espoir à des gens qui se sont longtemps tus. On a décidé de lever la tête", a déclaré Fadela Amara, organisatrice de la marche, devant des représentantes d'associations qui soutiennent la Marche et des conseillères municipales.

Le cas de Sarah, jeune fille de 14 ans victime d'un viol collectif à Roubaix (Nord) et dont la famille est harcelée par ses agresseurs, a été évoqué par Samira Bellil, auteur de "Dans l'enfer des tournantes".

"Elle a déménagé trois fois!", a rappelé Samira Bellil. "Je me permets de vous lancer un appel pour l'aider, aider sa famille, pour qu'elle puisse se reconstruire".

"C'est une affaire de négligences, comme d'autres affaires de viol collectif, comme la mienne, comme celle d'Argenteuil (...) Faites quelque chose, sinon, quand on dira aux filles victimes d'aller porter plainte, elles n'y croiront plus", a-t-elle ajouté.

La Marche des femmes, organisée à la suite de l'appel "Ni putes ni soumises" lancé en 2002 par la "Fédération nationale des Maisons des potes" contre la violence faite aux femmes des "quartiers ghettos", regroupe quatre femmes et deux hommes. Elle sera à la tête d'une manifestation nationale à Paris le 8 mars lors de la journée internationale du droit des femmes.


Excision : une femme d'origine mauritanienne condamnée à 3 ans avec sursis

PARIS (AFP), mercredi 5 mars 2003, 20h21 - Une femme d'origine mauritanienne installée en France depuis plus de 20 ans a été condamnée mercredi à trois ans de prison avec sursis par les assises de Paris, reconnue coupable de complicité dans l'excision de l'une de ses filles.

Cette condamnation est assortie d'une mise à l'épreuve de trois ans contre Maryia Kanté, 38 ans, qui avait affirmé à l'audience n'être pas responsable de l'excision de ses filles, effectuée en Mauritanie où elles les avaient emmenées l'année de leur naissance.

Les jurés n'ont finalement retenu sa culpabilité que pour une seule de ses filles, Kama, aujourd'hui âgée de 14 ans, alors qu'elle était accusée des mêmes faits sur ses trois filles les plus âgées.

L'avocat général Pierre Kramer, qui avait estimé que l'accusée était parfaitement informée de l'interdit frappant l'excision en France dès 1984 à la naissance de sa deuxième fille, avait demandé qu'elle soit reconnue coupable de complicité pour l'excision de cette dernière, Fatoumata (18 ans aujourd'hui) et de la troisième, Kama, l'exonérant pour l'aînée, âgée de 20 ans.

Il avait requis une peine de 5 ans avec sursis, assortie d'une mise à l'épreuve de deux ans.

"C'est un verdict raisonnable compte tenu de l'ancienneté des faits", a commenté Linda Weil-Curiel, avocate de la "Commission pour l'abolition des mutilations sexuelles", partie civile.

Elle s'est félicitée de la mise à l'épreuve qui "permettra de s'assurer que le message sur l'excision est bien assimilé", notant que la plus jeune fille de Mme Kanté, la seule à ne pas avoir été excisée, n'a que 11 ans.

Dans son réquisitoire, l'avocat général avait déclaré refuser d'"opposer la coutume à la loi" pour des "violences qui ont entraîné des mutilations atroces", l'ablation du clitoris et des petites lèvres.

Mme Kanté, de nationalité française, "est partie (en Mauritanie) en toute connaissance de cause, en tout cas pour Fatoumata et Kama (...). Elle a fait le mauvais choix alors qu'elle avait les éléments pour résister et protéger" ses deux filles, avait-il accusé.

Concernant la période 1984-1988, années de naissance de Fatoumata et Kama, il avait rappelé les campagnes de prévention menées alors auprès des communautés concernées ainsi que la tenue de plusieurs procès retentissants.

A l'audience, Maryia Kanté, d'ethnie soninké, a affirmé avoir emmené ses filles en Mauritanie pour les présenter à sa famille, déclarant ignorer qu'elles seraient excisées à cette occasion alors que sa mère était connue comme exciseuse.

Mme Kanté, arrivée en France en 1981, a affirmé avoir découvert l'interdiction de l'excision dans l'Hexagone seulement avant la naissance de sa quatrième fille, Tiguidé, en 1992.

A l'intention de la défense qui avait invoqué "la force irrépressible de la coutume", l'avocat général avait remarqué que celle-ci "était prête à s'évanouir au premier coup de semonce" puisque que Mme Kanté a affirmé ne pas avoir fait exciser sa dernière fille uniquement "par peur de la prison".

Pour la défense de Mme Kanté, en boubou à l'audience, Me Dominique Beyreuther, avait réclamé l'acquittement, affirmant que sa cliente "n'avait pas les moyens intellectuels de comprendre une société aussi compliquée que la nôtre".

Poursuivie pour complicité de violences volontaires sur mineures de quinze ans ayant entraîné une mutilation, l'accusée risquait 20 ans de réclusion.

· Journée internationale de la femme célébrée par les Nations Unies : Les droits de la femme et de la paix internationale - 8 mars 2002
. JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME, JOURNEE DE LA FEMME CENTRAFRICAINE, mars 2002

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