Centrafrique : le Burundi déploie 730 hommes supplémentaires Diallo. L'opération Sangaris franchit les six mois

 

 

Le Burundi prêt à déployer un contingent supplémentaire de 730 soldats et policiers

afrik.com - jeudi 5 juin 2014  par Abubakr

Le Burundi s’est dit prêt à déployer un contingent supplémentaire de 730 soldats et policiers qui viendront renforcer ses effectifs de 850 hommes déjà présents en en Centrafrique. C’est ce qu’a annoncé à l’AFP son Président Pierre Nkurunziza, en visite à Paris, ce mercredi 4 juin 2014.

Le nombre de 850 hommes que compte actuellement le Burundi au sein de la force de l’Union Africaine en Centrafrique, la MISCA qui totalise 6 000 hommes, pourrait très prochainement voir arriver 730 de leurs compatriotes. Le Président burundais justifie cette mesure par le fait que son pays ait été sollicité « par l’Union Africaine et les Nations-Unies pour revoir à la hausse nos effectifs en RCA ».

Le Président Pierre Nkurunziza donne les détails de cet effectif en renfort : « Nous sommes prêts à déployer 450 militaires et nous avons préparé deux unités de police qui totalisent 280 policiers ». Et de faire un appel du pied : « Maintenant, nous cherchons les équipements nécessaires et mobilisons nos partenaires pour être soutenus dans cette initiative ».

Cette déclaration de Pierre Nkurunziza faite en France intervient au moment où la situation en Centrafrique s’embrase, les anti-balaka et les ex-séléka ne se faisant aucun cadeau, s’entre-tuant, notamment dans la capitale Bangui. Tout récemment, le gouvernement a pris la mesure radicale d’interdire l’envoi de SMS, « par mesure de sécurité ».

 

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Centrafrique: l'opération Sangaris franchit les six mois

bfmtv.com. avec AFP - Le 05/06/2014 à 9:07

Il y a très exactement six mois, le 5 décembre 2013, la France, après un vote de l'ONU, lançait l'opération Sangaris, une mission dont le but était d'appuyer la force africaine de la Misca (5.000 hommes) et de ramener la paix en Centrafrique, un pays déchiré par une guerre civile et religieuse.


Un soldat français de l'opération 
Sangaris en poste à un check-point, en Centrafrique. (Marco Longari - AFP)

Un soldat français de l'opération Sangaris en poste à un check-point, en Centrafrique. (Marco Longari - AFP)

 

Sangaris franchit ce jeudi le cap des six mois. L'opération militaire française, décidée par François Hollande, vise toujours à désamorcer la crise centrafricaine qui a débuté en 2013 avec le renversement du président en exercice, François Bozizé. Une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, cherche à prendre le pouvoir dans ce pays majoritairement chrétien.

 

Les Séléka multiplient les exactions contre les civils, entraînant en réaction la création de milices d'auto-défense, les anti-balaka, à dominante chrétienne. Rapidement, ces milices s'en prennent aux civils musulmans, plongeant le pays dans une spirale de violences intercommunautaires qui contraignent à l'exil des dizaines de milliers de musulmans. C'est donc par des manifestations de joie que les militaires français de Sangaris sont accueillis à leur arrivée, il y a six mois.

 

Des débuts prometteurs

 

Dès le 7 décembre, Paris annonce que ses soldats ont désormais pour mission prioritaire de mettre fin aux massacres et de "désarmer toutes les milices et groupes armés qui terrorisent les populations". De fait, le 9 décembre, les troupes françaises entreprennent un vaste désarmement, à commencer par celui des ex-Séléka, mais l'opération s'accompagne de représailles chrétiennes contre les musulmans.

 

Pourtant, la situation continue d'évoluer rapidement. Le 10 janvier 2014, le président Michel Djotodia, accusé par la communauté internationale de passivité face aux violences interreligieuses, démissionne sous la pression des dirigeants d'Afrique centrale et de la France. Le 20 janvier, la maire de Bangui, Catherine Samba Panza, est élue présidente de transition par le Parlement. Malgré tout, les violences continuent.

 

La population de plus en plus hostile

 

Six mois jour pour jour après avoir été accueillis en sauveurs en Centrafrique, les 2.000 soldats français déployés dans le pays font désormais face à une hostilité croissante d'une partie de la population, qui leur reproche de ne pas avoir réussi à stopper les violences intercommunautaires ni à désarmer les milices.

 

Résultat, le 31 mai dernier, les hommes de la force Sangaris sont hués par les habitants qui les traitent de "voleurs de diamants": la Centrafrique compte parmi les principaux producteurs mondiaux de cette pierre précieuse. Chez les musulmans, les "Non à la France" et les insultes anti-françaises sont tagués partout. Les soldats savent aussi qu'ils vont se faire caillasser dès qu'ils regagnent leurs quartiers.

 

Violences et impatience

 

"Quand ils sont arrivés, on avait de l'espoir, ils allaient désarmer le pays", explique Noël Ngoulo, le secrétaire général de l'université de Bangui à l'AFP. "Mais au fil du temps, la population a constaté que le désarmement tardait. Les gens sont en colère contre Sangaris parce qu'ils ont l'impression que l'objectif a changé, comme si on était passé d'une mission de désarmement à une simple mission d'interposition".

 

Aujourd'hui, le colonel Jaron, le porte-parole de l'état-major des armées, explique que l'armée française est "tendue vers l'arrivée de la Minusca", la mission de l'ONU qui doit se déployer à partir de septembre prochain, avec "derrière, l'engagement de la communauté internationale et l'espérance que des piliers économiques et politiques se mettent en place". D'ailleurs, François Hollande a décidé de maintenir "le déploiement des forces françaises en Centrafrique à leur niveau actuel jusqu'à la montée en puissance de la Minusca", preuve que la situation en Centrafrique est encore loin d'être pacifiée.