BAMBARI

 

Introduction

RCA, pays meurtri

Une nouvelle capitale

Bambari

Conclusion

Epilogue

Postface

 

 

 

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© JBP, juillet 2002.

© RCA, janvier 2003.

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Pour une nouvelle capitale de la République centrafricaine

 

par

Jean-Bosco PELEKET

 

 

 

 

 

BAMBARI

 

Pour une nouvelle capitale de la République Centrafricaine

Par

Jean-Bosco PELEKET

 

 

Parler peu mais travailler beaucoup

Travailler pour produire, produire pour bâtir notre pays

Tel est le sens de mon engagement et la raison de mon existence.

Barthélemy Boganda

  

 

Quand

Quand donc cesseras-tu d’être le jouet sombre

Au carnaval des autres

Ou dans les champs d’autrui

L’épouvantail désuet.

Aimé CESAIRE 

 

 

 

 

 

 

  1. Introduction 

Les tracés des limites des états africains témoignent du dépeçage du continent noir aux XIX ème et XX ème siècles et marquent la balkanisation de ce continent. Quarante ans après l'accession de l'essentiel des territoires coloniaux à la souveraineté internationale ces tracés font couler encore l'encre tant l'opposition entre les tenants de l'unité, sinon d'une confédération africaine et les partisans des micros "états faciles à gouverner" ou à manipuler est rude. Dans ce débat qui prend, à bien des égards, l'allure d'un combat inégal où les tenants de la seconde thèse détiennent tous les leviers de pouvoirs alors que les premiers ont tout au plus le droit à la parole et encore dans des enclos, les Africains comptent pour peu. Nulle part en Afrique centrale le débat est véritablement envisagé. Même la thèse de Kwamé KRUMA, exhumée par Muammar KADHAFI lequel s’est empressé de la coiffer de burnous libyen comme pour bien la neutraliser, n’a pas suscité de réelles discussions dans le microcosme.

Dans les rares pays d'Afrique de l'Ouest ou australe où l'opposition est perceptible et quelque peu crédible, la lutte pour le pouvoir y compris au plan local est si rude qu'elle laisse peu de place aux débats d'idées en général et plus singulièrement celui de l’unité africaine.

En Afrique centrale les populations sont si préoccupées par la lutte pour la survie quotidienne que le débat sur l'union africaine ou tout autre approche panafricaniste paraît surréaliste. Le néocolonialisme qui y sévit plus qu’ailleurs, s'arroge le droit de parler au nom de ces Africains, considérés avant tout comme des victimes de l’indépendance. Nous ne nous attarderons pas sur cette question même si elle interpelle. En effet, comment s’intéresser au continent africain alors que son propre pays est en bute à des manœuvres de division de toute sorte, échafaudées la plupart du temps par l’étranger avec le concours actif des supplétifs locaux ?

 

  1. République Centrafricaine, pays meurtri mais profondément unitaire

Pourtant malgré tous les poids et les malheurs sous lesquels ploient les Centrafricains, c’est encore parmi eux que l’on dénombre le plus de partisans de l’unité africaine en Afrique centrale.

 

 

 

 

Bê Afrika ou République Centrafricaine

 

 

Barthélemy BOGANDA, le père de l’indépendance de la RCA, pour qui le peuple voue une admiration sans borne, milita ardemment avant les années 60, pour une Afrique Equatoriale Française (AEF) érigée en un seul Etat auquel le Cameroun, le Congo-Belge et l’Angola étaient appelés à s’y rattacher à leur sortie du joug colonial[1].

Les Centrafricains se retrouvèrent dans les idées et le combat de Kwamé KRUMA pour l’unité africaine d’autant plus facilement que le leader panafricaniste, à défaut d’implanter ex nihilo la capitale du futur Etat continental à Gambô, épicentre de l’Afrique, suggéra adroitement la ville de Bangui aux confins de la RCA et du Congo.

 

Tous ceux qui ont eu le bonheur de sillonner la RCA, même après l'avènement du président Félix Patassé et du régime MLPC, sont unanimes pour témoigner que jamais le désir du Centrafricain de vivre en paix dans son pays n'a été aussi grand et ce, malgré la chasse aux sorcières et le pogrome des Yakomas. Partout, l'adage : « Il n'y a pas plus grand bonheur que la venue d'un hôte "savanien" ou "oubanguien", dans la paix et l'amitié » est répétée de village en village comme un leitmotiv, pour signifier aux dirigeants de circonstance des palais d'état à Bangui et leurs obligés, l’indéfectible attachement des gens du peuple aux valeurs profondes d’unité du pays de Barthélemy BOGANDA.

Dans le même temps l'attrait exercé par la capitale centrafricaine sur le pays tout entier en particulier sur les jeunes, au cours des 33 premières années d'indépendance n'est plus qu'un souvenir. A quelque chose malheur est bon, dit-on. En effet, l'effondrement de la ville de Bangui depuis 1996 avec la faillite économique et sociale, les mutineries à répétition, les simulacres de coup d’état ou des coups d’état préfabriqués suivis de génocide et des interventions militaires étrangères meurtrières ont fini par réjouir quelque part les anciens et, en tout état de cause, les ont persuadés dans leur conviction d'attachement aux valeurs de la terre et à l'idée, que la ville de Bangui, œuvre des envahisseurs étrangers avec les munzu vukos, leurs hommes de main, « doit s'écrouler totalement pour que renaisse véritablement le pays réel et l'Afrique ».

 

  1. Une nouvelle capitale pour relancer la RCA

Pour ces anciens souvent diserts pour peu qu'on se donne la peine de les écouter, le pays réel est celui de Barthélemy BOGANDA, c'est à dire la République Centrafricaine dans son ensemble, la terre indivisible de leurs aïeux, patrie de tous les Noirs sans exception et sans discrimination aucune.

« Bangui capitale souillée » doit céder le pas à une ville nouvelle dans un élan de renaissance nationale.

Pourquoi changer la capitale de la RCA ? Où en implanter la nouvelle ? Avant de formuler ici cette idée qui me tient à cœur depuis toujours, dont les amis et compatriotes m’ont souvent entendu parler, jetons un regard dans le passé de ce pays qui n’est pourtant pas si lointain.

 

3. 1 Bangui : bref historique, un lieu, un non-choix

La localisation des villes dans les colonies et plus singulièrement en Afrique résultait pour les conquérants de la nécessité de disposer de têtes de pont pour contrôler d’abord militairement ensuite administrativement et économiquement les pays conquis. En résumé, l’envahisseur étranger ressentit le besoin de points d’appui lors de la prise de contrôle de territoires souvent plus vastes que le sien.

En Afrique centrale, « le bassin hydraulique du Congo-Zaïre offre un tel réseau naturel de pénétration dans le continent noir que les tentatives de communication par voie de surface autre que fluviale sont très vite abandonnées. Le réseau disponible est en effet très dense :

- 1600 kilomètres le long du fleuve jusqu’à Kisangani,

- 1200 kilomètres au fil de l’Oubangui jusqu’à Bangui,

- 650 kilomètres sur le Kasaï jusqu’à Ilébo, sans compter les multiples affluents et sous affluents de moindre importance.

Au terme amont de plusieurs de ces biefs navigables, là où les chutes et les rapides soulignent les passages aux roches dures du pourtour de la cuvette, et témoignent sans doute de la persistance tardive de certains mouvements tectoniques, des postes administratifs furent très tôt fondés. Le site est particulièrement spectaculaire à Bangui, dominé par des collines d’une hauteur relative de 350 mètres ; ici, les barres de quartzites coupent obliquement le cours de l’Oubangui et lui imposent plusieurs changements d’orientation successifs »[2].

La route du «Nord » (3) confirma le centre administratif, issu d’une fonction primitive de transbordement de la voie d’eau. La fonction économique se manifesta d’autant plus rapidement que les ravitaillements des troupes de la mission Marchand, lancées à la conquête du Nord, venaient du Sud. Bangui devint rapidement le point de passage obligé de la «voie fédérale» vers le Tchad dans une Afrique Equatoriale Française. L’infrastructure politique et administrative profite de la fonction de transit. L’encadrement colonial officiel s’accommode d’une localisation aux points de rupture de charge à partir desquels sont tracées peu à peu les voies de transport qui permirent un accès aisé dans tout le territoire. Ainsi est né Bangui en 1889.

Ci-après une reproduction de manuscrit de la main de l’explorateur  E. PONEL, datant de 1891. Original archivé à l’ex ministère français des colonies.

 

 

3. 2 Bangui capitale de l’Oubangui-Chari

Plus d’un demi-siècle plus tard, Jean Dresch, un géographe français de passage à Bangui en 1946, tombe sous le charme de cette ville. Il écrit : « Plus importantes que ces deux villes côtières, Pointe-Noire et Libreville, si violemment contrastées, Bangui et Brazzaville sont les vraies villes congolaises, villes de fleuve. Le site de Bangui est magnifique : l'Oubangui s'échappe du pays des collines et va, en s'infléchissant vers le Sud pénétrer à la fois dans la grande plaine et dans la grande forêt. Sur la rive droite une haute croupe allongée nord-sud s'avance jusque dans le fleuve où ses roches provoquent des rapides ».

« Elle est couverte d'une forêt dense. La plaine l'entoure de tous les cotés, immense et marécageuse à l'Ouest, limitée par une ligne de collines vers l'amont. Les limites administratives de la ville englobent collines et plaines, une surface immense où Bangui se cherche curieusement ».

« Bangui est une ville assez extraordinaire qui répond mal aux définitions traditionnelles. Les urbanistes prévoient qu'elle occupera la colline. On devine en effet le parti qu'ils en pourraient tirer pour l'aménagement des quartiers résidentiels. Mais elle n'est encore occupée que par des singes et par des panthères qui parfois se hasardent dans les rues de la ville. La ville blanche de Bangui vit dans l'avenir qui, du reste, parait assuré »

 

« La population de Noirs est déjà imposante, puisqu'on  dénombrait plus de 25 000 individus à la fin de 1945. Mais la répartition des indigènes n'est pas moins curieuse et incertaine. Bangui ne compte pas de gros villages groupés. Seize agglomérations, souvent désignées par le nom du chef de canton ou de quartier se dispersent dans le périmètre urbain. Certaines ne sont souvent que de vrais villages de ruraux intégrés dans la ville. Aucune n'est complètement coupée de la vie rurale. »

« Ainsi la ville blanche s'entoure, à distance respectueuse, d'une série de villages. Il y en avait un autre tout près, sur l'emplacement de la future gare ; on l'a fait déménager, bien que certains de ses habitants aient construit en dur. Mais un village d'"évolués" et d'ouvriers est en cours de construction, au sud du terrain d'aviation. Les cases sont en dur et soignées ».

 

« Curieuse ville, en somme, semi-rurale encore, puisqu'elle contient non seulement des planteurs blancs, mais aussi et surtout des agriculteurs noirs qui ne sont pas "détribalisés". Réserve de main-d'œuvre pour la ville future ».

« Attirés à la fois par le fleuve et par la colline, les blancs se sont établis d'abord sur la berge, ombragée par de vénérables manguiers, le long de ce qu'on appelle le port, digne de ce nom seulement depuis qu'un quai, pendant la guerre, a été aménagé. Au-dessus, des rues en damiers grimpent, toujours bordées de manguiers, sur les pentes inférieures de la colline : factoreries et cases administratives sont du vieux type colonial. Mais à partir de la place du marché, la ville s'est étendue dans trois directions : le long du fleuve vers l'aval, vers les marais où conflue la M'Poko où s'esquisse un quartier portuaire et industriel, aux abords de la future gare du Bangui-Tchad, le long de la route de M'Baïki où se sont établis quelques petits planteurs blancs, enfin au contact de la colline et de la plaine où se succèdent missions, hôpital, logements, locaux administratifs, cité de l'aviation, tous bâtiments qui n'ont plus rien de colonial ».

« Quant à la population indigène, elle se répartit dans seize agglomérations qui se dispersent dans le périmètre urbain. En contournant la colline, on rencontre d'abord, en amont de la mission Saint-Paul, un groupe de villages nouvellement installés et occupés par des pêcheurs et cultivateurs appartenant aux races avoisinantes, Sangho à N'Zengué, Yakoma à Gremboutou, Banziri à Sao [entendez : Sayo], auxquels se mêlent des employés. Vers le Nord, après de petits "quartiers" où résident des boys ou des prostituées attirées par le camp militaire, le village de N'Garsoué est un village de paysans N'Drè englobé dans la ville. Kaïmba et Boy-Rabé sont deux agglomérations  jointives, peuplées d'anciens tirailleurs et de Baka-Mandjia. A la pointe du périmètre urbain, Bafio et Magoambala sont peuplés de Baya et de Mandjia, tous plus ou moins agriculteurs. Les villages situés au-delà du terrain d'aviation sont, au contraire, des villages de commerçants et artisans, étrangers au pays et musulmans, villages jointifs installés là sur plan en damiers, tandis que les autres s'aménagent au gré des occupants : Sénégalais à Ibrahim Sow, Bornouan à Mustapha, Haoussa à Mamadou-M'Baiki, concessions bien closes qui rappellent le Soudan et l'Islam contrastent avec les cases de leurs voisins, Banda de Malimaka, Sara d'Assana, anciens gardes de Yakété… »[3].

 

3. 3 Urbanisation à la sortie de la 2ème guerre mondiale

On l’a vu, la ville n’était point construite pour les autochtones ou les colonisés, considérés au mieux comme un gisement de main d’œuvre bon marché, au pire comme sujets de révolte potentielle, à tenir bien à l’écart. Les autochtones étaient souvent conduits à Bangui de gré ou de force et regroupés par affinité ethnique dans les quartiers périphériques ou des «villages». Et comme si l’éloignement ne suffisait pas, des zones tampons furent érigées entre les villages et le centre ville pour la sécurité des Blancs. Le centre de la ville était réservé à l’administration, aux infrastructures scolaires, sanitaires, aux commerces et aux demeures exclusives des Blancs[4].

Les premières mesures d’assainissement intervinrent dans la foulée de la défaite du régime nazi en Allemagne ; la France se sentant obligée à l’égard des colonies qui, du reste, avaient porté l’essentiel des efforts de guerre. Le territoire de l’Oubangui Chari bénéficia de 4 milliards de crédits au titre du 1er plan quinquennal (1947-1952). Plus de 3 milliards de francs CFA devaient être consacrés à l’infrastructure et 365 millions réservés aux équipements sociaux. L’architecte Fanny Joly établissait en 1951 un plan d’urbanisme pour Bangui[5].

La croissance démographique de la ville fut rapide malgré les entraves dressées par le pouvoir colonial (laisser passer, impôt de capitalisation ou impôt per capita). L’électrification de la ville fit de Bangui l’eldorado dans cette masse glauque de la forêt équatoriale. Les lumières de la ville étaient en effet irrésistibles, les contraintes y compris d’ordres tribaux moins fortes à Bangui. La colonie mit en chantier des travaux pour l’habitat de ses serviteurs dits  « les évolués ». Quatre lotissements furent lancés respectivement en 1953-1954 : La Kouanga, en 1960 : SICA I, II,  III. Bangui enchanta des poètes et musiciens[6]. Il est vrai que l’électricité était inconnue d’autres villes et villages du pays que la capitale de l’Oubangui-Chari.

A noter cependant pour ceux qui ont eu le bonheur d’avoir parcouru le monde dans les années 50, la ville de Bangui offrait, à l’indépendance de la RCA intervenue le 13 août 1960, plus l’image d’une sous-préfecture languissante, à l’écart de toute émulation culturelle, industrielle, et commerciale que d’une capitale d’Etat digne de ce nom.

Très vite, les nouvelles autorités, toutes aussi mal préparées à leurs nouvelles tâches que le pays tout entier, durent faire face à des problèmes d’intendance tels que l’installation des ministères, de l’administration centrale, du parti unique, du parlement. Elles s’en préoccupèrent si fort qu’elles « oublièrent » l’essentiel de leurs devoirs : le bien être du peuple qui résulte du développement économique et la prospérité de la nation.

 

3.4   Bangui capitale de la RCA

Bangui est situé à l’autre bout de la RCA, totalement excentré par rapport au vaste territoire centrafricain. Centre administratif issu d’une fonction primitive de transbordement par voie d’eau, Bangui offrit au colonisateur français l’avantage du point d’appui pour la conquête des terres du Nord en particulier le Tchad. Concomitamment cette garnison fut un verrou par rapport aux prétentions de la Belgique sur la façade oubanguienne. Plus tard Bangui devint l’entonnoir par lequel la richesse du pays passa pour être avalée par des navires en partance pour Brazzaville et Pointe-Noire où d’autres plus vastes attendaient pour la France et l’Europe. Assurément Bangui n’a pas été édifié dans l’intérêt du pays réel et entier. Que les hommes politiques qui se sont succédés aux colonisateurs ne l’aient point perçu dénote de leur cécité, de l’idée qu’ils se font ou ne font pas du pays centrafricain et du développement.

 

 

3.5 Quatre décennies d’indépendance, quatre décennies de piétinement et d’anéantissement

Développement au sens strict d’accroissement des biens matériels et immatériels, il n’y en eut guère en 42 ans d’indépendance.

Les rares immeubles implantés çà et là dans la ville l’ont été au gré des étrangers, non point dans le cadre d’investissements à but lucratif qui eussent pu contribuer à la création de richesses mais le plus souvent, de dons, d’actions de coopération nord-sud, de siège de structures inter états. Il en est ainsi du building administratif à Lakouanga, des logements des coopérants non loin de Relais SICA, du bâtiment de l’E.N.A–E.N.A.M à Saïdou, du collège de SICA II rebaptisé lycée des Martyrs, de l’université de Bangui, des 2 hôpitaux et centres de santé, du siège de la C.E.M.A.C. à Benzvi, du bâtiment de la B.E.A.C. en lieu et place du cimetière des premiers colons tombés en Oubangui !

 

La ville est une somme de réalisations particulières (de rares Centrafricains, entrepreneurs dits self made men, qui se comptent sur les doigts d’une seule main) et principalement étrangères, ainsi que précisé ci dessus.

Le peuple des quartiers est abandonné à son triste sort. L’aménagement des infrastructures et son cadre de vie ne fait l’objet d’aucune attention, d’aucun investissement. Bangui ne possède aucun parc, aucun aménagement floral, aucune place agencée, agréable à vivre.

Les nombreuses réalisations de l’ère coloniale y compris une administration de qualité ont été sabordées lorsqu’elles n’ont pu être détournées au profit des nouveaux gouvernants. On ne dénombre hélas aucun projet de développement durable conçu et réalisé par les autorités locales sur le budget propre de la nation. L’Etat centrafricain ou plus exactement ses gouvernants des 42 dernières années ignorent tout lien entre investissement et développement.

 

 

source : Citadins et quête du sol dans les villes d’Afrique Centrale, op. cité, p.119

 

Une lecture sommaire et rapide de la carte ci-dessus peut donner l’illusion d’une croissance importante de l’espace bâti de la ville de Bangui entre 1959 et 1972. En vérité il n’en est rien. En effet,

 

1°) Le bâti en Centrafrique n’a rien de comparable à ce qui se fait en Europe par exemple. Il s’agit ici et pour la plupart du temps, de constructions précaires, en semi-dur qui tiennent plus du bidonville que d’une architecture, d’un urbanisme maîtrisé.

 

2°) L’exode rural et l’explosion démographique qui s’en sont suivis à Bangui et la corrélative pression sur le sol ont conduit, plus qu’une volonté politique, à ce qui a pu paraître comme une expansion spectaculaire de la ville.

source : Citadins et quête du sol dans les villes d’Afrique Centrale,  op. cité, p.239

 

Cette figure démontre de manière indiscutable que les initiatives de création de sol urbain à Bangui de 1960 à 1981 ont été essentiellement du fait des populations d’en bas, selon l’expression consacrée et des chefs de quartiers.

 

Bangui, artère centrale

Quartier populaire de Bangui

 

Les photographies ci-dessus, centre ville et quartier populaire de Bangui, tirées de la revue Architeca n°1 mai 1999, p.6, résument à elles seules la décrépitude de la ville et le malheur des Centrafricains.

 

Le pays réel est complètement à genoux. Les produits de traite : caoutchouc, coton qui assuraient autrefois l’essentiel des rentrées de devises ont peu à peu été délaissés par un paysannat misérable, en bute tout autant avec leurs propres coreligionnaires ou munzu vuko[7], parvenus au sommet du pouvoir de l’Etat qu’avec le colonisateur d’antan. Les immenses plantations de café des colons tombées aux mains des caciques du pouvoir après le repliement forcé des propriétaires sont parties avec la fumée des incendies plus ou moins involontaires ou conquises par la nature sauvage exubérante, faute d’entretien. Les mines d’or et de diamant ont failli suivre le même sort si ce ne fut la perspicacité des anciens ouvriers reconvertis à leurs comptes, des ruraux et des paysans soutenus dans leur nouvelle quête par des artisans astucieux, des intermédiaires non moins perspicaces et des trafiquants redoutables.

 

Le bilan de la promotion immobilière depuis l’indépendance du pays en 1960 est affligeant.

 

Période d’observation

Lieu

Promoteur

Pales réalisations

Nombre de logements

 

 

 

 

par an

total

1960-1963

Bangui

S.I.C.A.

SICA I, II, III

    90

 370

1960-1963

Autres

Autres

Autres

    06

 022

1963-1981

Bangui

S.N.H.

Maisons Sowéto

    25

 460

1963-1981

Autres

Autres

Autres

    00

 000

 

Source : Citadins et quête de sol dans les villes d’Afrique centrale, op. cité, p. 308

 

Relevé cadastral de la ville de Bangui, source : Citadins et quête de sol dans les villes d’Afrique centrale, op. cité, p.193

 

 

La seule croissance au bénéfice de Bangui fut l’explosion démographique de la population de 1946 à 1995

 

Années

superficie en ha

population estimée

densité pop. par ha

Extension an (ha)           (pop/ha)

Moyenne

1946

             784

         26.000

            33

 

 

1959

          1.384

         80.000

            58

     46               

  90

1972

          2.297

       254.000

          111

     70             

214

1985

          3.200

       480.000

          150

     69             

250

1998

          3.600

       410.000

          113

     31             

175

 

Source : Citadins et quête du sol dans les villes d’Afrique Centrale, op. cité, p.119, complétée par nous.

 

 

 

Un premier reflux de la population intervint brutalement en 1996 – 1997 à la suite des 2 mutineries de l’armée centrafricaine qui ne supportait plus, ainsi que les fonctionnaires et les étudiants, des arriérés de salaire, de pension, de bourse et des conditions de travail difficiles alors que les dignitaires du pouvoir n’en finissaient pas de fêter leur victoire aux élections présidentielles de 1993. Si l’armée française sous la houlette de Jacques Chirac n’eût renoué avec ses pires traditions coloniales, s’en était fini du régime de Patassé.

Patassé en a conservé une rancune farouche. Depuis, il n’a jamais été aussi fort que dans la division ethnique, le népotisme au plan intérieur et la recherche des appuis militaires extérieurs pour contenir la révolte du peuple centrafricain et écraser toute velléité de démocratie et de bonne gouvernance. Il puise régulièrement dans les pierres précieuses notamment le diamant, pour s’assurer les bonnes grâces des dirigeants des pays étrangers et des organisations internationales qui comptent pour la RCA. En fidèle serviteur de Jean-Bedel Bokassa, cet autre dictateur qui tint la RCA sous ses griffes de 1966 à 1979, il s’est employé, dès la sortie des mutineries militaires de 1996–1997, à créer et à entretenir une milice armée, composée des éléments de sa tribu, des machines à tuer totalement dévouées à sa cause.

 

De crises militaires en crises économiques, sociales le pays était au bord de l’implosion au début de l’année 2001 lorsqu’un coup d’état dont on n’a pas fini de découvrir les vrais auteurs et ramifications, éclata le 28 mai. « Une occasion rêvée et préparée de longue date par le président Patassé, sa milice et les siens pour enfin donner la chasse aux Yakomas, aux Oubanguiens et assimilés, de régler leurs comptes à tous les gens qui les empêchaient de piller tranquillement l’Etat et de gouverner en rond ». Le bilan est effroyable : des milliers de morts, 80.000 personnes se sont enfuies de Bangui, ont investi la brousse, la forêt afin d’échapper à leurs poursuivants armés de coutelas, de kalachnikov. Beaucoup sont morts épuisés de famine, de malaria, de maladies infectieuses, de morsure de serpents, de noyade pour ceux qui tentèrent de s’enfuir par le fleuve. Les miliciens ont décimé des centaines de pirogues chargées de femmes d’enfants et d’hommes en fuite.

 

Patassé n’a pas hésité un seul instant à recourir une nouvelle fois aux légions étrangères constituées des chiens de garde du colonel Kadhafi de Libye et de Jean-Pierre Bemba, rebelle du Congo-Kinshasa, pour déloger par les armes de Bangui en novembre 2001 et octobre 2002, ses partisans : « soldats et miliciens du Nord » qui lui prêtèrent main forte dans sa haine contre les populations du Sud ou Oubanguiens, en mai et juin 2001.

Le peuple centrafricain est plus traumatisé que jamais. La colère gronde des quatre coins du pays. Le dénouement ne saurait tarder si colère et révolte étaient canalisées dans un mouvement de libération véritable.

 

 

Bangui[8], ville souillée par les barbares, ville martyrisée ne peut en tout état de cause espérer renaître de ses cendres d’autant qu’elle porte en elle d’innombrables facteurs défavorables à un développement harmonieux.

 

La carte suivante, tirée du livre de Piermay, déjà cité, page 253, détaille les facteurs les plus répulsifs.

 

En résumé, les handicaps sont indubitables :

 

- Au Nord-est, la colline de Gbazanbangui coupe la ville de Bangui en 2. Son classement en site militaire accentue sa répulsion d’autant plus que les constructions coloniales : la route de la corniche, le zoo, les points d’attractions touristiques se sont écroulés faute d’entretien.

 

- Au Sud et Sud-ouest, la zone allant de Bimbo à Mamadou-Mbaïki, en passant par Malimaka, Benzvi, Lakouanga et Pétévo, soit plus du tiers de la ville est marécageuse. Elle subit assez souvent des inondations, des drames humains. Les moustiques y trouvent des conditions idéales de prolifération.

La zone n’a pas connu de travaux d’assainissement ni de campagne d’insecticide depuis l’indépendance en 1960. Les populations vivent dans des conditions d’hygiène effroyables. Il en est ainsi également des quartiers dits Boy-Rabe, Kilomètre12, Kilomètre22, Galagbazia et Ouango.

Le sous-sol de Bangui est parsemé de cavités. Le lac des Sorciers, les plans d’eau et autres mares aux grenouilles géantes et aux crocodiles des environs de la ville, attractions touristiques du temps où la capitale centrafricaine et le pays étaient encore fréquentables, ne sont en fait que la conséquence des effondrements karstiques. « Des affaissements sont provoqués notamment par le passage d’engins lourds de terrassement, au cours de la construction des pistes d’aviation [de Bangui-Mpoko], de Bobangui, du ranch de la Mbali. L’un d’eux s’est même produit naturellement en pleine ville de Bangui » (1), entre les « 36 villas » et les services de la main d’œuvre en 1977.

« A la construction de l’usine UCATEX, des chutes directes d’outils ont témoigné des cavités importantes. A Fatima, les forages recoupèrent de nombreuses cavités dont une supérieure à 25 mètres, indiquant une karstification importante »[9].

 

 

Les périodes de fortes et longues sécheresses font courir des risques non négligeables à la ville. La résorption de la nappe phréatique accentue les risques d’affaissement de terrain.

A noter que le déboisement sauvage de Gbazabangui constitue un autre danger. Les Banguissois courent non seulement le risque de voir la terre se dérober sous leurs pieds mais de subir des éboulements d’une montagne pelée par des coupes d’arbres et des débroussaillements sauvages, à la barbe du président Patassé dont la résidence est toute proche.

 

 

La figure de la page ci-après, extraite de l’ouvrage d’Yves Boulvert, directeur de recherche à l’ORSTOM, retrace la morphologie de la région de Bangui. Une morphologie déprimée, marécageuse qui porte notamment les dépressions karstiques ovoïdes.

 

Morphologie de la région de Bangui : Source : Notice explicative, carte morphologique de la République Centrafricaine à 1/1000 000, ORSTOM, Bangui, février 1990, tome 1, op. cité, p 105

- A l’Ouest, l’aéroport Bangui-Mpoko implanté en 1967 par les intérêts français à l’orée des quartiers populaires, en dépit de toute prévision et de bon sens, est aujourd’hui pratiquement circonscrit. Clin d’œil ou comble d’ironie ? Le quartier construit en bout de piste de l’aéroport se nomme Boeing ! Deux accidents d’avion au décollage et à l’atterrissage ont causé de nombreuses victimes, passées sous silence en pure perte par l’Etat.

 

- Sur le plan de stratégie militaire et c’est le handicap irréductible, chacun sait que la capitale centrafricaine est très mal située. Bangui fait face à Zongo, territoire congolais. Nous connaissons tous les pérégrinations politiques du président Patassé qui n’a de cesse, depuis son entrée en politique de jouer l’unique partition qui lui accorda de rôle exclusif.

Il est capable de s’allier avec le diable pour le pouvoir. On l'a vu dans les alliances de circonstances nouées au cours des neuf dernières années.

Le pays n’est pas assuré que ses trahisons successives ne dégénèrent jamais en confrontations armées avec un pays voisin. Ses gesticulations tantôt à la frontière avec le Cameroun, tantôt à la frontière avec le Tchad, tantôt à la frontière avec le Soudan pour détourner l’attention sur ses déboires internes révèlent l’instabilité de ce président pour le moins atypique. Si par malheur ses dérapages devaient dégénérer en conflit armé avec par exemple la République Démocratique du Congo, Bangui et sa population en payeraient un très lourd tribu. Des obus et mortiers tirés depuis les hauteurs du village Zongo, situé de l’autre côté du fleuve Oubangui formant la frontière avec ce pays, pourraient anéantir la capitale centrafricaine en quelques minutes.

 

 

 

En plus de ces facteurs physiques défavorables il convient d’ajouter un autre plus grave : la corruption qui a profondément gangrené les rouages de l’Etat et détourné l’essentiel des fruits de dur labeur de tout un peuple. Les tentacules de la pieuvre ont totalement enserré les rouages de l’Etat et la ville de Bangui. Rompre avec la corruption implique, au-delà d’actions spectaculaires et symboliques, la détermination politique la plus forte, une gestion transparente toujours dans l’intérêt supérieur de la nation, une égale attention aux quatre coins cardinaux du pays, une éducation citoyenne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Patassé n’est pas éternel. Sa chute est inéluctable, l’échéance tient plus de la détermination d’une élite éclairée, prête au combat, dans l’union véritable et en symbiose avec les populations, que de toute autre cause ou raison. L’autre question qui fait problème est la nature de la relève. On en est préoccupé à juste titre car en dehors de Barthélemy BOGANDA et de ses intrépides compagnons décimés par une mort violente, la RCA est dirigée depuis 1960 par ce que mère TABOUTOU qualifiait « de sous hommes indignes de porter le noble nom d’homme en raison de l’idée qu’ils se font de la RCA et de leur pratique sociale ». A son avis, le pays avait suffisamment souffert de la colonisation et le peuple de la négation de ses droits, pour que les nouvelles élites ne se conduisent jamais en vils mercenaires.

 

Aussi, il devrait être acquis que les compatriotes qui aspirent à quelque poste de responsabilité que se soit dans notre pays, doivent avoir fait non seulement la preuve de leurs capacités professionnelles dans les domaines qui sont les leurs mais de leurs pratiques sociales, de leur volonté de rompre avec le passé douloureux ; qu’ils aient été mêlés, même de loin en tant que fils, filles et parents de « tous ceux qui ont contribué, même au niveau de l’administration, à ruiner la RCA depuis l’indépendance ».

Un acte fort, un acte de grande portée politique : annoncer, prendre l’engagement dès à présent de transférer la capitale de la RCA en un autre lieu, dans les 6 ans à compter de la date de liquidation du régime de Patassé, le plus grand mal que le pays ait jamais connu. Les gens manquant de vision, de courage et tous ceux qui n’ont jamais vécu qu’aux dépens des autres, en particulier de l’Etat, des subsides de l’étranger et des organisations internationales trouveront l’entreprise pharaonique, comme si les premiers pharaons, bâtisseurs d’empire n’étaient point des hommes et des Noirs, comme si la création, la production de la richesse était totalement et définitivement inaccessible à nous autres Centrafricains.

La RCA dispose pourtant d’énormes potentialités à commencer par la terre, l’eau[10] et le soleil. Viennent ensuite des ressources agricoles, pastorales, cynégétiques, hydrauliques et enfin, minières. Il ne tient qu’à nous de les transformer en richesses, au profit de tous les Centrafricains, pour la grandeur de notre pays et de l’Afrique.

Source : Milieux et paysages, C. BLANC-PAMART, Y. BOULVERT etc. éd. MASSON, Paris, 1986, p.89

 

A ceux dont la tâche pourrait paraître insurmontable en raison du coût des investissements, la première série de réponse à livrer de suite est que :

- l’argent est une création humaine. L’argent fuit les inactifs, les imbéciles et tous ceux qui attendent que tout leur tombe du ciel.

- certains de nos aïeux ont su frapper monnaie : nguénza, procéder à des échanges commerciaux dans un espace géographique plus peuplé que la RCA. Lorsque les Centrafricains se seront mis résolument au travail, lorsqu’une gestion rigoureuse et démocratique de l’Etat aura été instituée, appliquée sans faiblesse et lorsque l’Etat aura inspiré confiance, l’argent (y compris les devises étrangères) se portera à leurs guichets.

- nos ascendants ont su bâtir des cités en utilisant la main d’œuvre nombreuse, disponible, toujours généreuse. A nous de savoir renouer avec le passé glorieux tout en puisant dans les techniques de notre temps et du monde en mouvement.

Mais avant de suggérer toute localisation de nouvelle capitale pour la RCA, essayons de définir les critères objectifs qui concourent à la fondation d’une ville agréable, belle et bonne à vivre.

3.6 Sites et facteurs favorables pour la création d’une ville bonne à vivre

Une grande rivière ou mieux encore un fleuve étale majestueux, ses flots et éclats dans la plaine surmontée de superbes vallées, elles-mêmes ponctuées de collines et montagnes qui s’observent au loin, de pic en pic et ou se répondent en écho. De tels sites ont été courus de tout temps par des bâtisseurs en raison de leurs caractéristiques hospitalières et stratégiques.

Les belles et grandes villes historiques du monde qui nous enchantent ont été érigées sur de tels sites : Paris, Budapest, Moscou, Madrid, Prague, Rome, pour ne citer que celles-là. Des sites similaires jalonnent la République Centrafricaine, de Baboua à Obo et de Mbaïki à Birao. La diversité de la nature et du paysage centrafricain est éblouissante.

Le triangle Mbrés  - Bria  - Bambari est de toute beauté. Tout y est :

-  une des plus belles densités humaines du pays,

-  la terre et l’eau à foison,

-  une agriculture et un élevage qui ne demandent qu’à s’intensifier pour faire prospérer les hommes,

-  des gisements et matériaux nécessaires pour des constructions durables et de qualité.

 

De surcroît ce fameux triangle (Mbrés-Bria-Bambari) se situe au centre de la République Centrafricaine. Il est tout indiqué pour recevoir une ville centrale. Y implanter la capitale serait une avancée déterminante pour le pays tout entier.

 

 

 

4         BAMBARI : capitale de la RCA

Bambari est le haut lieu de tous les carrefours du pays centrafricain, de l’Est à l’Ouest et du Nord au Sud. Situé à équidistance de Bouar, dernière ville de l’extrême Ouest, à la frontière avec le Cameroun et d’Obo, ville de l’extrême Est, à la frontière avec le Soudan, Bambari occupe sur le plan géographique et économique une place de premier plan.

 

Avant de tracer, à grands traits ce qui peut être une vision d’avenir, voici, tout aussi brièvement tracé, des aperçus historiques, démographiques et économiques de la ville de Bambari.

A ce stade d’étude, j’observe d’ores et déjà que la RCA ne manque pas d’intellectuels et de techniciens talentueux. Si quelques-uns, je pense notamment aux urbanistes, architectes, ingénieurs, géomètres, économistes, artistes, sociologues, voulaient bien travailler ensemble et plus en détail ce sujet, les résultats seraient autrement pertinents. Je ne doute pas que le peuple ainsi pleinement éclairé, fasse sienne ce projet.

4.1 Bambari, bref aperçu historique, humaine et géographique

Implanté aux bords de la Ouaka en 1906 par un détachement militaire colonial dirigé par Seguin, lui-même envoyé par Henri Buchon, administrateur adjoint du Territoire du Haut Oubangui[11]. Le poste de Bambari fut érigé en chef lieu de la circonscription militaire six ans plus tard en 1912.

 

Bambari prit véritablement son essor à la fin de la deuxième guerre mondiale en 1945. Il connaît depuis un développement remarquable jusqu’à la crise économique et politique de 1989. Certes nous disposons moins de données sur cette ville et la littérature est moins prolixe que sur Bangui mais les informations accessibles ne sont pas moins intéressantes.

 

-          superficie/population

 

Années

superficie en ha