La dernière livraison du magazine Jeune Afrique du mois de juin 2026 affiche la liste des 20 pays du continent les plus performants, au regard de trois critères : gouvernance économique et politique, pouvoir d’influence et capacité d’innovation (1). Le palmarès est établi à la suite d’une enquête annuelle portant sur 24 indicateurs, quantifiables ou mesurables, qui permettent de saisir les évolutions positives ou négatives des différents pays du continent. Le classement 2026 est riche d'enseignements.
Pourtant, il y a soixante ans, l'Afrique noire s'affichait au firmament des Nations. En une génération, les pères du « soleil des indépendances » libéraient le continent noir de la servitude et de la misère. Ils avaient pour nom Barthélémy Boganda, Félix Houphouët-Boigny, Léopold Sédar Senghor, Amadou Ahidjo, Léon Mba, pour les francophones ; Kwamé Nkrumah, Milton Obote, Julius Nyerere, Jomo Kenyatta, côté anglophone.
Leur confiance dans l'avenir n'avait d'égale que leur crédulité ; ils pensaient faire confiance à l'occident pour sortir l'Afrique du sous-développement. Aujourd'hui, il faut déchanter. Ceux-là même qui proclament, « l'Afrique est notre avenir », en sont les prédateurs et les fossoyeurs. A voir le nombre de jeunes qui meurent noyés en Mer Méditerranée ou dans l'Océan Atlantique, on mesure l'étendue des dégâts (4).
Entendre le président français Emmanuel Macron, parader sur les estrades du sommet Afrique-France de Nairobi prophétisant, sous les applaudissements de ses pairs africains : « Nous sommes les vrais panafricanistes », est une insulte à la mémoire des « baobabs abattus » du siècle dernier (5) et un défi à la jeunesse du continent, qui doit résolument combattre « ce retour à un stade antérieur du développement psychique » des peuples africains, une régression !
Paris, le 6 juin 2026
Prosper INDO
Economiste,
Consultant international.
(1) – Vingt-quatre items ont été retenus pour analyser les performances des pays du continent et élaborer la liste des vingt premiers du classement, in Jeune Afrique N°3161, Juin 2026, pp. 75 à 89 : « L’Afrique redessine sa hiérarchie économique et stratégique ».
(2) - Ces pays sont : Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad. Ainsi, la richesse en ressources naturelles n'est pas un gage de développement économique ni de performance sociale.
(3) - On connaît la chute de la fable de Jean de La Fontaine, La Cigale et la Fourmi : « Vous chantiez ? Et bien dansez maintenant » !
(4) - Alors que les migrations internationales africaines devraient être le souci premier de l'Union africaine, celle-ci s'en désintéresse. Bien au contraire, les pays d'Afrique du nord jouent les « espaces frontières » pour l'Europe contre rétributions, avec des conséquences souvent dramatiques. Bien plus, certains pays africains acceptent, contre rémunérations, d'être des « plateformes de retours » où pourraient être renvoyés les étrangers, déboutés du droit d'asile en Europe ou Amérique, refusés par leur pays d'origine. C'est le cas du Rwanda, de l'Ouganda ou de la République démocratique du Congo, etc. L'appât du gain interdit à ces Etats de s'interroger sur l'impact qu'auront ces populations allogènes sur leur pays, au plan démographique et anthropologique.