Une liste des victimes du coup d'état manqué du 28 juin 2001


Liste 2 des victimes civiles et militaires du putsch manqué du 28 mai 2001, un an après (diffusion, 29 mai )
Liste
Obsèques de 18 militaires loyalistes morts lors du putsch manqué du 28 mai
Pour la mémoire la mémoire collective
Obsèques de 3 officiers supérieurs morts pendant le putsch manqué du 28 mai


Liste :

NOM

Milit ou Civil

Faits particuliers

Kaïmba (Docteur)

C

A l'Hôpital Communautaire Bangui

Nana (Docteur)

C

A l'Hôpital Communautaire Bangui

Mianzé (interne)

C

A l'Hôpital Communautaire Bangui

Yawili (infirmier)

C

A l'Hôpital Communautaire Bangui

Konguende Emery

Mil

Sergent (FACA)

Kounzi Alphonse

Mil

Colonel de gendarmerie (loyaliste)

Touba Théophile

Civil

Député d'opposition (RDC)

Yamindou Virginie

Mil

une femme gendarme et son capitaine liquidés dans l'enceinte de l'école de gendarmerie de Kolongo (Bangui) - ils venaient de prendre leur retraite (12 juin 01)

X (voir Yamindou)

x

x

N'Djadder François

Mil

Général de brigade, directeur général de la gendarmerie

Abrou Abel

Mil

Colonel, chef d'Etat major de l'armée de terre, assassiné lors d'une embuscade (plus : l'aide de camp, le chauffeur, un infirmier)

Yambia David

Mil

commandant de l'Unité de sécurité présidentielle (dcd 29 juin)

Omissé Sylvère

C

magistrat, membre de la cour constitutionnelle

Banganzoni Léon

C

Retraité. Plus : son fils et son neveu,

 


A Bangui, les exactions quotidiennes alimentent la terreur des Yakomas
(AFP, Bangui, 15 juin 2001 - 11h49)

Les exécutions sommaires se poursuivent à un rythme quotidien dans la capitale centrafricaine Bangui, semant la terreur au sein de l'ethnie yakoma de l'ancien président André Kolingba, instigateur présumé du putsch avorté du 28 mai.
Les autorités ont condamné ces exactions s'affirmant impuissantes face à ces "dérapages" perpétrés par des éléments de sécurité parfois incontrôlables.
Une semaine après l'arrêt des combats entre putschistes et forces loyalistes, on signale chaque jour à Bangui un ou plusieurs assassinats, relatés dans des versions divergentes par la rumeur des quartiers, sans qu'on puisse parler d'épuration ethnique.
Aux agressions mortelles dont sont victimes des Yakomas pour leur participation réelle ou supposée au putsch, s'ajoutent des règlements de comptes personnels.
Le 13 juin, un attardé mental qui sortait d'une maison habitée par des Yakomas a ainsi été abattu en pleine rue par un soldat de la garde présidentielle en état d'ébriété auquel il avait refusé de remettre de l'argent, selon des témoignages concordants.
La veille, une femme gendarme yakoma, Virginie Yamindou, et son capitaine avaient été liquidés dans l'enceinte de l'école de gendarmerie de Kolongo où ils venaient reprendre leur service, selon les mêmes sources.
En début de semaine, un jeune yakoma avait également été abattu à la sortie d'une banque du centre-ville par des éléments de la sécurité présidentielle.
Selon des sources concordantes, il s'agissait d'un rebelle qui venait de tirer un chèque pour le compte de Maurice Gamba, un des organisateurs présumés du putsch, à propos duquel il aurait refusé de livrer tout renseignement.
Ces cas, non-exhaustifs, s'ajoutent aux assassinats du colonel de gendarmerie yakoma Alphonse Kounzi - loyaliste selon certaines sources, chez qui on aurait trouvé des armes selon une autre version - et du député d'opposition Théophile Touba, un proche d'André Kolingba.
Dans ce contexte, les membres de l'ethnie minoritaire yakoma (5 à 7% de la population), hésitent à se déplacer en ville et à reprendre le travail, se sachant reconnaissables à leurs patronymes ou lieux de naissance lors des contrôles militaires d'identité.
Dès lors, ils alimentent par leur absence le cercle vicieux du soupçon et de la répression, en particulier les militaires. Car de nombreux putschistes ont combattu en civil avant de se fondre dans la population et sont très activement recherchés par les forces de l'ordre.
"Moi, j'ai peur pour ma vie. Je ne retourne pas au travail. Je n'ai qu'une idée, c'est de m'exiler à Brazzaville", confie un jeune yakoma "pro-Kolingba" mais "étranger aux événements".
Selon lui, de nombreux proches de l'ancien président ont déjà fui à Zongo, une localité de République Démocratique du Congo (RDC) située sur la rive opposée de l'Oubangui.
"C'est inadmissible ce qui se passe et je puis vous assurer qu'aucun ordre n'est venu d'en haut pour encourager ces actes", commente un proche du chef de l'Etat Ange-Félix Patassé.
"Mardi, le président Patassé a passé un savon aux responsables militaires pour que cela cesse. Mais il règne une certaine loi du talion au sein de l'armée qui révèle le degré de haine issu des mutineries de 1996-97. L'abcès n'a jamais été totalement crevé", ajoute-t-il.
Un observateur étranger abonde: "il existe une grande rancoeur des militaires du rang contre les ex-mutins qui ont été amnistiés voire promus dans le cadre de la politique de réconciliation".
Les assassinats du chef de la gendarmerie, le colonel François N'Djadder et du chef d'Etat major de l'armée de terre, le colonel Abel Abrou, lors d'une embuscade dans le quartier de M. Kolingba, ont semble-t-il achevé d'échauffer les esprits au sein de la troupe.
Demeurent enfin des ressentiments plus anciens, liés aux 12 ans du régime de fer du général Kolingba (1981-1993). Beaucoup se souviennent encore que l'exécution sommaire faisait alors partie du quotidien.


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